Yves Leclerc
Agence QMI

Un CHSLD unique et complètement fou

 Le jeu clownesque est à l'honneur à La Bordée - Un CHSLD unique et complètement fou

Centre d'humbles survivants légèrement détraqués raconte en amour et par le jeu clownesque une journée dans la vie de cinq résidents d'un CHSLD.Nicola-Frank Vachon

Yves Leclerc

Aborder avec humour les réalités des gens qui vivent dans les résidences pour personnes âgées était une mission immensément délicate pour Véronika Makdissi-Warren. Les pièges étaient nombreux et l'auteure et metteure en scène a réussi à les éviter avec un mélange bien dosé de jeu clownesque et d'émotions.

À l'affiche jusqu'au 18 novembre à la Bordée, Centre d'humbles survivants légèrement détraqués (CHSLD) raconte une journée dans la vie de cinq résidents et d'un préposé.

Prises de pilules, pause exercice, camaraderie, conflits de personnalités, taquineries, repas et moments où il ne se passe absolument rien, CHSLD grossit chacune de ces situations qui font partie de leur quotidien.

Dès les premières minutes de la pièce, avec les résidents qui observent longuement le public, sans rien dire, on sait que la proposition sera folle, déjantée et débridée.

On le constate lorsque le préposé Martin (Raphaël Posadas) annonce que c'est l'heure de bouger et que M. Garant (Jocelyn Paré) lève les bras et frappe accidentellement, avec sa canne, M. Sanschagrin (Patrick Ouellet) qui est en marchette. Un M. Sanschagrin aux pantalons trop courts, qui, soudainement, se met à faire des push-up acrobatiques et insensés.

Ces clins d'oeil, où les résidents se mettent à faire des choses totalement surréalistes et invraisemblables, comme ce gala de lutte improvisé, servent bien cette proposition, où les comédiens personnifient des gens qui sont plus âgés.

Entre le réel et l'irréel

Il y a de beaux flashs, comme ce moment où les résidents parlent dans des coupes de vin, pour simuler ce qu'entend M. Ladouceur (Réjean Vallée), lorsqu'un de ses appareils auditifs est défectueux, et une partie de poker où l'on se relance à coup de Tylénols, de Valiums et de suppositoires de Dilaudid.

Le jeu est gros et très « chaplinesque ». Il n'y a pas beaucoup de mots et de dialogues et les résidents s'expriment par des bruits ou par quelques mots. Il faut, si l'on veut adhérer à la proposition, accepter toute cette folie et les invraisemblances qui sont nombreuses. CHSLD navigue entre le réel et l'irréel.

Véronika Makdissi-Warren et l'équipe de comédiens qui a participé à la création de CHSLD amènent, en contrepartie, des moments plus réalistes et fort touchants.

CHSLD n'est pas un spectacle qui est parfait.

Il y a quelques longueurs, quelques situations d'inconfort et de malaises, où l'on ne sait pas si on doit rire d'une situation parfois triste et près de la réalité. Véronika Makdissi-Warren réussit toutefois, habilement, à nous ramener dans le réel avec une finale touchante, très évocatrice et en poésie.



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