Ariane Labrèche
Agence QMI

Terminus: entre rêve et réalité

 Terminus : entre rêve et réalité

Alice PascualPhoto Suzane O'Neill / Courtoisie

Ariane Labrèche

Entre les ruelles sales de Dublin, l'enfer, et les tavernes, la pièce Terminus vogue en eaux nouvelles et outrepasse toutes les conventions de la réalité. Un texte sombre et corrosif auquel a accepté de s'attaquer Michel Monty, dans une mise en scène cinématographique et immersive.

La présentation des deux premiers volets du triptyque du dramaturge irlandais Mark O'Rowe, Howie le rookie en 2003 et Tête première en 2005, a été chaque fois couronnée de succès.

La compagnie théâtrale La Manufacture conclut cet automne le cycle avec la pièce Terminus, montée par le metteur en scène Michel Monty. «Ce sont trois monologues fulgurants qui racontent une nuit fantastique et effrayante, une espèce de cavalcade où ces trois points de vue finissent par se rencontrer à travers leurs points de vue respectifs», a-t-il expliqué.

Martine Francke, Alice Pascual et Mani Soleymanlou y interprètent respectivement une femme bénévole dans un centre d'appel qui tente de faire le bien pour réparer ses propres erreurs, une jeune qui lutte pour sa vie après une mauvaise soirée et qui s'éprend d‘une étrange créature, ainsi qu'un homme maladivement timide qui fuit le diable auquel il a vendu son âme.

Un défi de mise en scène

Ces trois récits ont pour toile de fond la capitale irlandaise. «La location influence beaucoup le contenu de l'histoire. La forte culture catholique de l'Irlande donne lieu dans ce texte à des fantasmagories judéo-chrétiennes et beaucoup de références au diable et à l'enfer», souligne Michel Monty.

L'aspect glauque, industriel et nordique procure de manière étonnante une certaine poésie à cette histoire sombre. «C'est vraiment une pièce qui finit par être traversée par une certaine lumière et ponctuée d'humour», note le metteur en scène.

La dramaturgie dense et touffue de Mark O'Rowe demandait une mise en forme unique. «Il y a beaucoup d'images dans ce texte, de digressions et de parenthèses. Si on laisse le spectateur seul avec les mots et les acteurs, il manque définitivement quelque chose», dit l'homme de théâtre.

Michel Monty a alors envisagé de créer un cube noir, qui agirait comme une boîte à illusions. «Les personnages traversent mille lieux différents. Le récit prend forme à travers l'acteur, soutenu par un environnement visuel et sonore», explique-t-il.

Le spectacle est en effet habillé par une cinématographie immersive, qui prend vie sur la scène à l'apparence vide. «Le texte n'impliquait aucune forme. Le récit possède un côté fantastique qui ouvrait la porte à une grande liberté pour l'illustrer», relate le metteur en scène.

Un texte universel

La pièce a été acclamée partout sur son passage. «Peu importe le public, c'est une pièce avec des références assez larges qui permettent de nous raccrocher à ce parcours-là. C'est vraiment une occasion unique de vivre une intimité avec un acteur, seul, qui vient nous raconter son histoire», croit Michel Monty.

Terminus est présenté à La Licorne jusqu'au 29 octobre.

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