Ariane Labrèche
Agence QMI

Les armoires normandes défoncent toutes les portes

 Les armoires normandes défoncent toutes les portes

Photo Usine C / Facebook

Ariane Labrèche

Si vous ne connaissez pas les Chiens de Navarre, alors vous n'avez jamais rien vu de tel que la pièce Les armoires normandes, présentée à l'Usine C jusqu'au 23 septembre. Rarement une troupe aura-t-elle autant repoussé les limites de son public en lui mettant en plein visage toute l'absurdité, la laideur et la drôlerie des relations amoureuses et sexuelles.

Avec le collectif Les Chiens de Navarre, le réalisateur et acteur français Jean-Christophe Meurisse avait envie de faire du théâtre différemment. Le metteur en scène a très certainement réussi à pousser plus loin son exploration avec Les armoires normandes, une collection de saynètes iconoclastes et irrévérencieuses dont la description s'avère difficile tant la proposition est audacieuse.

On y retrouve un homme nu qui se suicide à plusieurs reprises en tentant d'atteindre le paradis, des séquences de comédie physique qui rappellent les meilleurs moments du vaudeville français, des thérapies de couple pathétiques et un mariage. Ce spectacle de 1 h 45 sans entracte réussit l'exploit de capter et de garder l'attention du spectateur d'un bout à l'autre. L'immense scène recouverte de sable sert d'immense terrain de jeu à la troupe, qui en soutire un potentiel impressionnant.

Le premier degré

Certains déploreront l'humour un peu facile dont font parfois preuve les créateurs des Armoires normandes. Les blagues scatophiles, les bruits de pet, une paire de testicules ostentatoire et agitée sont de très premier degré. On ne peut toutefois s'empêcher de développer un fou rire devant de telles absurdités, à notre plus grand dam.

Sous son vernis comique, Les armoires normandes réussit tout de même à faire passer le spectateur par toute une gamme d'émotions. On le sent particulièrement lors d'une virulente querelle de couple qui rend le public tout à fait silencieux, avant que l'arrivée d'un juge vêtu d'un slip déchiré qui laisse voir ses parties génitales nous expose toute l'absurdité de la situation et provoque l'hilarité générale.

Au final, malgré ses défauts, ses gros traits et sa grande intensité, Les armoires normandes est une proposition unique, un ovni théâtral qui fait une trop courte apparition sur les planches montréalaises.

Jusqu'au 23 septembre, à l'Usine C.



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