Camille Dufétel
Agence QMI

Avec pas d'cœur veut briser le tabou de la sexualité

 Avec pas d'cœur veut briser le tabou de la sexualité

Anthony Dolbec, Maïgwenn Desbois, Gabrielle Marion-Rivard et Roxane Charest Landry.Photo Camille Dufétel / Agence QMI

Camille Dufétel

MONTRÉAL - Présentée dans le cadre de la 28e édition de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle, la création Avec pas d'cœur veut en finir avec les préjugés concernant la sexualité des personnes souffrant d'un handicap.

Présenté du 16 au 19 mars au Monument-National, le spectacle de danse contemporaine Avec pas d'cœur mêle gigue et interprétation de chansons populaires: il met en scène Gabrielle Marion-Rivard - premier rôle du film Gabrielle de Louise Archambault -, Anthony Dolbec et Roxane Charest Landry. Tous trois souffrent respectivement du syndrome de Williams, de celui d'Asperger, et de celui de l'X fragile.

Le sujet de l'amour et de la sexualité chez les personnes atteintes de déficience intellectuelle est-il encore un tabou dans notre société? «Oui!», lancent-ils tous en chœur. «On a le droit à l'amour, on a le droit d'être heureux et de ne pas se faire retenir par nos parents qui nous disent "Vous n'avez pas le droit de faire ceci ou ça"», affirme Roxane Charest Landry.

La chorégraphe Maïgwenn Desbois, qui se joint à eux sur scène, travaille depuis plus de 10 ans avec Gabrielle et Anthony au Centre des arts de la scène Les Muses.

«J'ai suivi de près les échecs amoureux d'Anthony et j'ai mesuré l'ampleur du tabou autour de ça, indique-t-elle. Je me suis demandé si je pouvais amener ce sujet sur scène et en voyant le film Gabrielle il y a plus de deux ans, je me suis dit "Let's go!". C'est une sphère trop importante de l'être humain, ça ne se peut pas qu'on n'en parle pas.»

Des tableaux inspirés

La chorégraphe a d'abord engagé une dramathérapeute pour évoquer le sujet avec les interprètes. «On a eu deux tables rondes pour savoir ce qu'ils en savent, discuter de ce qu'ils ont vécu tout en respectant la limite de ce qu'ils ont envie de dire ou non, parce que c'est quand même très intime. Ça donnait des pistes pour des tableaux.»

Lors des premières répétitions, la chorégraphe a proposé à l'équipe d'improviser. «À partir de ça, des choses ont émergé, se souvient-elle. On a imaginé des séquences de portés, il y avait toute cette idée de toucher: on ne pouvait pas faire une pièce qui parle d'amour et de sexualité sans prévoir des duos.»

Si le film Gabrielle a déjà contribué à faire évoluer les mentalités, selon Gabrielle Marion-Rivard, cette dernière estime qu'il faut continuer à faire tomber les préjugés. «Les gens qui ont une déficience intellectuelle peuvent faire l'amour, point final», lance-t-elle.

«Je suis conscient qu'on ne change pas les choses du jour au lendemain, mais comme dirait Justin Trudeau, on est en 2016! ajoute Anthony Dolbec, rieur. S'il fallait ajouter une raison...»

La Semaine québécoise de la déficience intellectuelle qui a commencé dimanche se poursuit jusqu'au 19 mars. Gabrielle Marion-Rivard et le comédien Vincent-Guillaume Otis en sont les porte-parole.

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