Camille Dufétel
Agence QMI

Des arbres: l'amour au temps de la conscience sociale

 Des arbres : l'amour au temps de la conscience sociale

Sophie Cadieux et Maxime Denommée.photo Sébastien St-Jean / Agence QMI

Camille Dufétel

MONTRÉAL - Un couple dans la trentaine soucieux de sa responsabilité sociale hésite à mettre au monde un enfant, dans la pièce Des arbres, présentée dès le 7 mars au théâtre La Licorne. Rencontre avec les comédiens incarnant ce duo, Sophie Cadieux et Maxime Denommée.

Les deux personnages se trouvent au IKEA quand l'un d'entre eux évoque l'idée d'avoir un enfant. Ils ressortiront du magasin emplis de doutes et de questionnements.

«Ils sont extrêmement conscientisés, mais des contradictions arrivent quand leur bonheur immédiat est compromis par des choix plus éthiques et écologiques», a indiqué Sophie Cadieux.

«Ils s'aiment et se questionnent sur leur amour, a-t-elle poursuivi. La finalité serait de mettre au monde un enfant qui scellerait quelque chose, mais en même temps ils se demandent s'ils n'ont pas une responsabilité d'amener quelqu'un dans le monde dans lequel on vit.»

Cela les amènera à s'interroger sur leur propre structure, à «ce qu'ils devront laisser aller pour devenir une famille».

Selon la comédienne, les contradictions de ce couple contemporain «extrêmement intelligent et informé», qui mène cette réflexion dans un «certain confort de vie», donnent un ton humoristique à la pièce.

«Ils font des gestes qui vont à l'encontre des propos qu'on a entendus cinq minutes avant», a-t-elle expliqué. Comme de rappeler qu'on ne laisse pas couler l'eau quand on se brosse les dents... puis de se faire couler un bain.

«Dès le départ, on est chez IKEA, alors ça démontre qu'on fait quand même partie de la société de consommation», a ajouté Maxime Denommée.

Une mise à nu

Pour autant, la pièce - dans laquelle on voit uniquement les deux personnages sur scène, sans décor particulier - ne se veut pas moralisatrice, et l'on aurait plutôt tendance à s'attacher à ce couple, d'après le comédien.

«Je pense que tout le monde peut se reconnaître, je n'ai pas l'impression de jouer un personnage, mon costume c'est mon linge, a-t-il noté. Il y a vraiment un dépouillement jusqu'aux personnages et on incarne une vraie dynamique de couple.»

«C'est un peu ce qu'on recherchait, de se mettre au défi dans ce laboratoire-là, a souligné Sophie Cadieux. Ce couple est mis à nu dans sa réflexion, dans son intimité devant le public pendant 1 h 30, et nous comme interprètes également : on va essayer de faire voyager l'histoire d'un couple sans artifice, avec notre regard, nos corps dans l'espace, le spectateur va avoir à travailler comme nous on a à travailler.»

Benjamin Pradet signe la traduction de ce texte au langage quotidien et très rythmé, écrit par le jeune auteur anglais Duncan MacMillan (2011). «Dès que je l'ai lu j'ai fait: Maxime doit lire ça!», a lancé Sophie Cadieux.

Les deux comédiens ont choisi eux-mêmes leur metteur en scène, Benoît Vermeulen, pour «faire apparaître un peu de magie autour de l'absence de scénographie».

Ce n'est pas la première fois qu'on les verra se donner la réplique en tant que couple : ils en formaient déjà un dans la série Rumeurs (jusque 2008), mais aussi dans le long métrage Jaloux de Patrick Demers (2010), et ils incarnaient le tandem de la pièce Après la fin, de Denis Kelly (Espace Go, 2010).

Extrait de la pièce

«Y a du monde, beaucoup de monde qui, qui pensent pas assez, pas comme y faut, pis peut-être que les personnes les plus intelligentes, les plus aimantes, les plus informées ont pas d'enfants.»

Aussi sur Canoe.ca:



Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Vidéos

Photos