Camille Dufétel
Agence QMI

FONKi: le graff entre passé et modernité

FONKi: le graff entre passé et modernité

Sur la photo: graffiti de style «kbach khmer» réalisé par FONKi.Photo Courtoisie

Camille Dufétel

Le graffeur montréalais d‘origine khmère FONKi fait l'objet d'un documentaire présenté mardi soir à la Cinémathèque: on y suit le graffeur au Cambodge en 2012, réalisant notamment une murale en hommage à sa famille 37 ans après le génocide.

«J'ai réalisé cette murale sur l'Institut français de Phnom Penh: je voulais d'abord peindre mon arrière-grand-père, décédé 10 ans plus tôt. Puis j'ai décidé de représenter également ma grand-mère paternelle et mon grand-père maternel, disparus durant le génocide entre 1975 et 1979, et mon grand-père paternel, mort durant un attentat à la grenade un peu avant la chute du pays», raconte FONKi, rencontré à l'atelier du collectif A'Shop dans Hochelaga-Maisonneuve.

FONKi, maintenant âgé de 26 ans, est né en France et a grandi à Montréal à partir de l'âge de quatre ans. «Dans ce documentaire [NDLR: Retour aux sources, tourné en 2012], je rencontre pas mal de gens de la diaspora, de la scène hip hop, précise-t-il. Ça parle aussi d'une certaine renaissance culturelle moderne après la guerre.»

À travers notamment une autre pièce qu'il réalise dans le cadre de ce documentaire, de style «kbach khmer» inspirée des gravures des temples millénaires de la cité d'Angkor, le graffeur tente précisément d'allier modernisme et culture ancestrale. «Je ne voulais pas faire ce que je fais ici, je voulais quelque chose qui reflète le pays, réutiliser cet héritage.»

Retour aux sources, réalisé par Sébastien Francoeur et Andrew Marchand-Boddy, est présenté mardi soir à 18 h à la Salle Fernand-Seguin de la Cinémathèque québécoise dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois. Il est lauréat du prix du meilleur documentaire au Victoria Film Festival et a notamment obtenu le prix Magnus-Isacsson, remis à un film engagé socialement.

Par ailleurs, une websérie intitulée FONKi World, en ligne sur le site de La Fabrique culturelle depuis lundi et réalisée par Thomas Szacka-Marier, met également en vedette le graffeur, que l'on voit rencontrer de nombreux artistes locaux au Cambodge, au Vietnam, mais aussi à Montréal. «Je voulais récolter des histoires, rencontrer des gens: je célèbre un peu plus les vivants dans cette série comparativement au documentaire qui était plus un hommage.»

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