Camille Gaïor
Agence QMI

La salle de répétition de Gilles Latulippe bientôt vendue

La salle de répétition de Gilles Latulippe bientôt vendue

Olivier Latulippe s'apprête à vendre le dernier immeuble de son père.Photos Camille Gaïor / Agence QMI

Camille Gaïor

Une page se tourne dans la famille Latulippe avec la vente imminente de l'immeuble adjacent à l'ancien Théâtre des Variétés, sur l'avenue Papineau. Le lieu abrite toujours la salle de répétition de Gilles Latulippe, demeurée intacte depuis sa mort, le 23 septembre 2014.

«C'est un livre qui se ferme», reconnaît Olivier Latulippe qui s'apprête à vendre le dernier immeuble de son père sur l'avenue Papineau acquis près de 40 ans plus tôt. «À l'époque, mon père écrivait avec Claude Morin dans un des appartements qui faisait face à Papineau, on avait un étage pour les costumes et un autre pour les décors.»

Aujourd'hui, si les trois quarts de l'espace ont été transformés en logements et commerces, il reste encore dans l'ancienne salle de répétition du Théâtre des Variétés, 2000 pieds carrés de trésors.

«Mon père était un ramasseux, se souvient M. Latulippe. Au fil des ans, il a emmagasiné la mémoire de tout ce qui s'est fait en burlesque depuis la fin du 19e siècle».

Tout un patrimoine

Affiches dédicacées de spectacles, anciens éléments de décors, costumes à paillette, chapeaux, boas multicolores, l'endroit regorge de souvenirs. Près de l'ancien bureau du défunt comique, une banale armoire, barrée d'une simple baguette de bois, déborde de feuilles jaunies par le temps. À y regarder plus près, ce sont les textes originaux annotés de Symphorien.

«Au moment de la vente du Théâtre des Variétés, on avait déjà beaucoup donné aux Archives nationales, mais mon père, en bon vieux collectionneur, avait gardé le meilleur ici. Ça a une valeur patrimoniale incroyable.»

Passer à autre chose

Avec la vente de cet immeuble acquis en 1977, Olivier Latulippe souhaite passer à autre chose.

«Ça met définitivement un terme à ma relation avec le show-business», a-t-il confié. Après le décès de son père, l'homme de 43 ans pensait «porter le flambeau» et espérait même créer une série télévisée sur la vie de son paternel.

«J'ai réalisé que ce que j'aimais c'était de travailler avec lui, maintenant qu'il n'est plus là, j'ai perdu l'intérêt, a-t-il ajout. Ma carrière s'est éteinte avec lui.»

Dans le même état

Pour Olivier Latulippe, le ménage de cet héritage représente tout un défi, autant à cause de l'émotivité créée par les lieux que par la quantité d'affaires.

«Mon père gardait tout, mais pas de façon ordonnée, alors c'est resté dans le même état, avec 10 cm de poussière», a-t-il dit à la blague.

La grande majorité des souvenirs de Gilles Latulippe prendront la direction des Archives nationales du Québec alors que d'autres biens devront être vendus. «J'aimerais trouver preneur pour toute la collection de livres de blagues en français et en anglais de mon père», a mentionné Olivier.

En mémoire

Quinze mois après la mort de Gilles Latulippe, aucune municipalité n'a encore nommé un lieu en sa mémoire, bien que Montréal et Longueuil aient contacté ses proches.

«Mon père était un des hommes les plus décorés du Québec et n'a jamais couru après quelques récompenses», a souligné Olivier qui souhaite respecter cet état d'esprit. La Ville de Longueuil a toutefois confirmé que le dossier était à l'étude.

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