Musique traditionnelle et contemporaine

Les charbonniers de l'enfer - Musique traditionnelle et contemporaine

 

Fabien Boileau / Agence QMI

Dernière mise à jour: 28-12-2012 | 23h27

Le quintette a capella de musique traditionnelle Les charbonniers de l’enfer a fait résonner ses voix lors de sa désormais habituelle soirée du 28 décembre au cabaret La Tulipe.

Après avoir balladé leur cordes vocales sur le répertoire de tradition orale, Michel Bordeleau, Michel Faubert, André Marchand, Jean-Claude Mirandette et Normand Miron ont décidé de s’attaquer à celui plus contemporain des Neil Young, Noir Désir, Félix Leclerc, Daniel Lanois, Dédé Fortin, Marcel Martel et autres Bertolt Brecht.

Depuis 2010, année de sortie de Nouvelles fréquentations, ce dernier album de reprises «à la sauce charbonniers», les cinq mousquetaires a capella, ces compagnons de la chanson soudés par la sève commune de la musique, de la verve et du bon mot, sillonnent les routes québécoises pour remplir l’oreille et l’âme de son fidèle auditoire.

C’est tout de noir vêtu que le quintette a fait son entrée sur les planches du cabaret La Tulipe, sobre et digne dans la tenue comme dans la mise en scène (5 pieds de micro, deux chaises, une lumière diffuse): la solennité de la polyphonie corse, l’humour et le décalage en plus.

Sans transition, le groupe a débuté sur la reprise de la chanson Le vent nous portera du groupe de rock français Noir Désir, porté par les boîtes à rythmes humaines, autant gutturales que pédestres.

Alternants titres d’anciens albums (Le diable dans la ville de Poitiers, Nicolas mon valet), «nouveautés», et prises de paroles humoristiques entre chaque numéro, Les charbonniers de l’enfer sont parvenus à instaurer une atmosphère de douce folie où le décalé était roi.

Un côté décalé

Et rien de plus délectable que le décalé lorsqu’il est bien servi, et quoi de plus insolite qu’un ensemble de musique traditionnelle s’attaquant aux oeuvres contemporaines.

Certes, l’ensemble est équipé en conséquence, les cinq membres officient en choeur depuis 1992, sont tous compositeurs, conteurs, et portés sur la gaudriole, mais le défi n’est pas aisé pour autant.

La triple difficulté réside dans l’art de proposer du matériel original, à la sauce traditionnelle, basé sur une oeuvre contemporaine, populaire, et donc fatalement marqué.

Podorythmiste d’un soir, c’est sur La comète de Dédé Fortin, que l’auditoire a commencé à faire claquer ses semelles encore fraîchement enneigées sur le plancher brut de la salle, une attitude on ne peut plus naturelle sur ce genre de prestation.

À grands coups de podorythmies, d’habiles harmonies, de chauvinisme bien placé et de subtiles touches de second degré, Les charbonniers de l’enfer réussissent à communiquer diverses émotions à travers un seul médium, celui du corps.


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