Un laboratoire pour tester des blagues

Humour | Sainte-Julie - Un laboratoire pour tester des blagues

 

Marie-Renée Bougie-Lemieux

Dernière mise à jour: 13-11-2012 | 16h12

SAINTE-JULIE – Le Laboratoire de l'humour, un concept unique au monde imaginé par l’humoriste et animateur de foule Gino Lévesque, permet aux humoristes de roder leurs numéros de façon bien particulière.

Surtout utilisé par les talents de la relève, le concept tente plusieurs visages connus de l’humour au Québec, qui souhaitent dresser un «bilan de santé» de leurs blagues.

Invités à se présenter devant un public muni de manettes, les humoristes sont filmés et leur texte est retranscrit dans le système informatique. Tout au long du numéro, chaque personne appuie sur sa manette dès qu’elle rit ou apprécie une blague. Il est alors possible de relier le plaisir ou le manque d'enthousiasme du public devant chaque farce.

Les humoristes repartent avec des statistiques sur l'appréciation de l’ensemble de leur numéro, selon le sexe des spectateurs.

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«J’ai fait un spectacle d’humour dans un bar et c’était catastrophique. Je me suis dit que je devais trouver une solution pour m’amuser. C’est là que le concept m’est venu en tête. J’ai cherché longtemps avant de trouver des programmeurs capables de mettre mon idée en pratique», a dit Gino Lévesque, qui a finalement travaillé avec une firme collaborant avec le Cirque du Soleil.

Testé par Michel Barrette

Celui qui se qualifie de «créateur et artiste» soutient que son outil n’est pas scientifique, mais qu’il permet d’apaiser l’anxiété des humoristes. «On passe des mois à écrire 10 minutes de «show». On doit prendre du recul pour voir si notre matériel est bon», a indiqué l’animateur des soirées du Laboratoire de l’humour.

Son concept a été testé par Michel Barrette, qui rodait son nouveau spectacle. «Ça a évité à Michel d’enlever un bout de trois ou quatre minutes parce qu’il pensait que le public ne l’aimait pas. Lorsqu’il a reçu ses statistiques, il a vu que 95 % des gens avaient aimé ce passage. Ce n’est pas parce qu’on ne rit pas aux larmes qu’on n’aime pas. C’est ce que mon concept permet de calculer», a dit le résident de Sainte-Julie, au sud de Montréal. «Quelqu’un nous a déjà dit : “j’ai tellement ri que j’ai mal au pouce”», a-t-il ajouté.

Concept malléable

M. Lévesque croit que son concept peut aussi aider les artistes d'autres disciplines. Il aimerait que les milieux des arts du cirque ou du théâtre, par exemple, puissent l’utiliser.

«Ça peut leur prendre sept à dix spectacles avant de roder [une pièce]. Je crois qu’avec mon concept, ils pourraient en être capables en une ou deux représentations.»

Le Laboratoire de l’humour se tient tous les lundis, au Pub Phoenix, à Sainte-Julie. Pour rester accessible, M. Lévesque a fixé le coût d’entrée à 10 $.


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