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New York - La fièvre du Grand Continental en ville
Photo Marie-Joëlle Parent / Agence QMI
Le chorégraphe montréalais Sylvain Émard a présenté pour la première fois à New York son événement Grand Continental dans South Street Seaport vendredi 22 juin 2012.

NEW YORK

La fièvre du Grand Continental en ville


Marie-Joëlle Parent
24-06-2012 | 04h00

NEW YORK - Le chorégraphe montréalais, Sylvain Émard, a présenté pour la première fois aux États-Unis son spectacle de danse en ligne contemporaine. Cent cinquante danseurs amateurs ont répondu à l'appel.

Malgré la pluie battante qui a menacé l'événement, le ciel s'est éclairci vendredi soir, juste à temps pour le spectacle. «Je suis soulagé d'avoir eu une pause de pluie, mais ça fait partie de l'histoire du Continental. À chaque année, à Montréal, on a à composer avec le temps», a raconté Sylvain Émard, rencontré après le spectacle.

Le Grand Continental, un mélange de danse en ligne et danse contemporaine avec une trame sonore de disco, cha-cha-cha, country et techno, est présenté depuis trois ans à Montréal.

L'événement gagne en popularité. Plusieurs villes en Europe et aux États-Unis ont fait part de leur intérêt. Après Mexico et New York, le chorégraphe commence dans deux semaines à répéter avec des danseurs à Philadelphie. Plus tard cet été, ce sera à Portland. Est-il dépassé par le phénomène? «Oui en quelque sorte, parce que je le faisais pour une seule fois. Je suis le premier étonné.»

À New York, le spectacle était présenté dans le cadre du festival artistique River to River. Des centaines de personnes ont assisté à l'événement proposé sur un quai de South Street Seaport, dans le sud de Manhattan.

M. Émard avait recruté en amont 200 danseurs amateurs. «En début de processus, certains abandonnent, c'est un engagement important, c'est deux mois de répétition et la chorégraphie dure 30 minutes. On leur donne aussi des DVD explicatifs.» Le chorégraphe était accompagné de huit danseurs professionnels pour l'aider dans le processus.

Danse thérapeutique

Plusieurs d'entre eux ont assouvi un vieux rêve de jeunesse. «Plusieurs ont des histoires personnelles touchantes. Certains terminaient un traitement de cancer ou viennent d'avoir un diagnostic de cancer et ont décidé de faire le projet quand même pour les aider à passer à travers», a confié Sylvain Émard, dont la compagnie de danse a été fondée en 1987.

C'est impressionnant de voir le nombre de mouvements appris par ces danseurs du dimanche. «Ils ont été très appliqués, ils ont de leur propre chef organisé beaucoup d'autres répétitions. Ils sont très fiers, les New Yorkais et voulaient être à la hauteur de leur réputation.»

Comme à Montréal, le groupe de New York était très éclectique. «L'intérêt c'est d'avoir des gens de toutes les couches de la société, des retraités, des chômeurs, des étudiants. Il se crée un sentiment de communauté très important», a expliqué Sylvain Émard. «Plusieurs vont s'ennuyer. Il va y avoir une petite période de dépression après c'est sûr.»

Comment explique-t-il le succès de ce spectacle? «Le fait que les gens du public s'identifient à ceux qui dansent, mais aussi le fait que c'est très exigeant comme processus, c'est rigoureux et c'est un gros défi pour les danseurs. Cette fierté d'avoir réussi à le faire, c'est communicatif», a-t-il conclu.

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