LE BOSS EST MORTBientôt jouée en Europe?Philippe Doherty 07-03-2012 | 10h57
«Si tu savais le nombre d'Européens qui ont vu le spectacle et qui veulent qu'on amène ça en Europe, a-t-il dit. Il est question d'y aller. Alexandre Jardin, Éric-Emmanuel Schmitt, qui ne connaissaient pas Deschamps ni d'Ève, ni d'Adam, et ils me disent: “C'est la plus belle chose que j'ai vue dans ma vie”. Alexandre Jardin a même dit sur Twitter, le lendemain d'avoir vu la pièce, que le monologue “Le bonheur” est la plus belle chose qu'il a eu l'occasion de voir. Si Fred Pellerin fonctionne à Paris, alors pourquoi pas les mots de Deschamps? Donc, on va aller vérifier. On ne sait pas encore si ça va marcher, mais on va aller vérifier.» «Yvon Deschamps t'appelle un jour et te propose un “show” de même en te disant que ça fait 20 ans qu'il caresse le rêve de faire une pièce de théâtre à partir de ses premiers monologues et qu'il aimerait que je le fasse. Un fou dans une poche! Tu y vas! C'est colossal comme défi, parce qu'Yvon Deschamps a été le seul interprète de ces textes-là.»
Comment c'était de travailler avec Dominic Champagne à la mise en scène?«Je suis vendu! Il m'appelle, il a besoin d'un “ouvreux” de porte dans un spectacle, je vais y aller! Deschamps et Champagne sont des “workaholics” finis. Ils retravaillent, retravaillent, retravaillent le “show” constamment. Yvon est venu voir le spectacle la semaine dernière, il est venu me rencontrer après la représentation, avec des notes de choses à couper ou à ajouter. Ça ne finit jamais! La même chose avec Champagne: c'est toujours en train de se raffiner. Ils ne s'assoient jamais sur leurs lauriers.»
La préparation du spectacle a pris plus de deux ans. Les textes du «Gars de la shop» mis bout à bout duraient 10 heures et vous avez ramené le tout à deux heures et quelques minutes pour les besoins de la pièce. Est-ce qu'une suite est envisageable?«Ils sont en train d'en parler, les coquins. Yvon m'a dit: “Ouin, Dominic m'a appelé. Ça l'air que ça y tenterait de faire une suite, parce qu'y trouve qu'y'a une couple de monologues que c'est ben effrayant qu'on ait été obligés de mettre de côté”. Ah! Je vais être là s'il y a quelque chose: c'est vraiment la superposition des deux masques du théâtre. Si j'avais un “show” à jouer dans toute ma vie, c'est celui-là, parce qu'on y retrouve de tout, autant la tragédie que la comédie. Il y aura possiblement une adaptation cinématographique. Ça, c'est moi qui pousse ce projet-là. Comme Yvon par le biais du "Gars de la shop" raconte des anecdotes d'enfance, c'est formidable, parce que le cinéma nous permet d'aller dans ce “flash-back”. Comme l'histoire de ce gars-là est trouble, belle, naïve, touchante et en même temps tragique, on a tous les ingrédients pour faire un film.»
À quoi ressemble le public qui vient voir la pièce?«Ça varie énormément, a dit M. Brière. En Abitibi-Témiscamingue, entre autres, il y a des gens qui connaissent les monologues par cœur et d'autres qui les découvrent, et je trouve ça fabuleux. C'est fascinant de voir la réaction des gens. Les plus vieux, “tabarnouche”, c'est hallucinant comment ils se souviennent de Deschamps: du mot à mot! Il n'y a pas un soir où il n'y a pas des répliques qui sont dites avant que je ne les dise!» |