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L'Opéra de quat'sous - Sous le signe de la corruption
© Courtoisie

L'OPÉRA DE QUAT'SOUS

Sous le signe de la corruption

Louise Bourbonnais - Collaboration spéciale
21-01-2012 | 04h00

C'est la pièce, L'Opéra de quat'sous, de l'auteur allemand, Bertolt Brecht, qui a été traduite en plusieurs langues et présentée à de nombreuses reprises à travers le monde, qui sera à l'affiche à l'Usine C.

Des escrocs, des prostituées, des faux mendiants et même des policiers corrompus sont les principaux enjeux de ce théâtre musical.

Écrite à Berlin en 1928, l'histoire nous est racontée par une imposante distribution composée de 23 acteurs et musiciens, dont Sébastien Ricard, Ève Gadouas, Maxim Gaudette, Céline Bonnier, Jacques Girard, Marc Béland et Ève Pressault. C'est la metteure en scène Brigitte Haentjens qui a décidé de s'attaquer à cette méga production.

Cette fois, la pièce, L'Opéra de quat'sous, sera campée, à Montréal en 1939 au lieu de se dérouler dans un quartier de Londres où elle a été créée originalement.

Le pouvoir, la manipulation, la méchanceté, le mensonge, la prostitution et l'argent gagné malhonnêtement c'est un peu tout cela, L'Opéra de quat'sous. La pièce aux propos grinçants nous fait découvrir ce qu'il y a de moins beau chez l'être humain, où la moralité n'existe pas. Le crime règne, et on exploite les autres sans remords.

C'est l'histoire du capitaine Macheath surnommé Mac-The-Knife ou Mackie-le-Couteau, interprété par Sébastien Ricard, qui n'est rien de moins qu'un criminel, et de monsieur Peachum, personnifié par Jacques Girard, qui est aussi un bandit, tenant un commerce de miséreux. Le truand fait mendier des faux mendiants et se prend un pourcentage au passage sur les recettes des mendiants. Il exploite, ni plus ni moins, la misère humaine. Les deux hommes vont se livrer une guerre impitoyable dont les répercussions s'étendront sur plusieurs personnes.

Pour comble, la fille de Peachum, Polly Peachum, campée par Ève Gadouas, va marier le bandit Mackie à l'insu de ses parents. Sa mère tentera par tous les moyens d'éloigner sa fille du fameux gangster, car Mackie n'a rien d'honorable. Il fréquente les bordels et multiplie les conquêtes féminines et les maîtresses, Jenny est l'une d'entre elles, jouée par Céline Bonnier. C'est à la suite de ce mariage que Peachum, ne voulant pas laisser sa fille aux prises avec Mackie, amorce une guerre sans merci contre son gendre. Sans doute a-t-il peur que son rival vienne fouiner dans ses affaires.

La trahison, la rivalité et les tentatives de corruption vont se multiplier. «Tout le monde dans la pièce est corrompu», raconte la metteure en scène, Brigitte Haentjens. «Mackie est un ami du chef de la police, qui lui aussi est corrompu. Il ne s'agit pas de criminalité de grande envergure, ce n'est pas Al Capone. Mackie et les siens sont des gangsters de bas étage. Néanmoins, Mackie a tué plusieurs personnes.»

DE LA TRAHISON

L'enjeu de la pièce se situe au niveau de tout le processus que va entreprendre Peachum pour faire arrêter Mackie, qui finira pendu. La trahison est un thème très présent dans la pièce, car on raconte que même la fille de Peachum, qui a épousé Mackie, va trahir son mari.

«Il y a des phrases et des éléments assez terribles dans le spectacle, on va grincer des dents», prévient Brigitte Haentjens. «Heureusement, c'est raconté avec beaucoup d'humour, même s'il s'agit souvent d'humour noir.»

Comme la pièce s'est transposée à Montréal, il fallait trouver un événement marquant qui s'est tenu dans la métropole québécoise à cette époque, puisque dans la pièce initiale, l'action se déroulait au moment du couronnement du roi en Angleterre. « On a choisi la visite du roi Georges VI, qui est venu à Montréal en 1939 pour la première fois avec la reine. On tenait à avoir un événement similaire, puisqu'il y aura des répercussions sur cet événement royal», souligne la metteure en scène.

UN DÉFI TITANESQUE

Brigitte Haentjens admet d'entrée de jeu que de monter cette pièce est un défi de taille. «C'est comme de s'attaquer au Titanic. Une pièce avec une si grosse distribution à diriger c'est titanesque comme projet. À cela, il faut savoir amalgamer la musique, aux répliques sans que ça devienne une comédie musicale.»

Une quinzaine de chansons de Kurt Weil viendront alléger les propos des personnages, tout en agrémentant le spectacle.

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