INDUSTRIE | SPECTACLESMontréal, ville d’échangesVanessa Guimond 29-07-2011 | 03h11
Il faut être casse-cou pour se lancer dans la mise sur pied d’un festival, de nos jours, mais il faut également être capable de présenter une proposition unique au public. Du moins, c’est ce que pensent les acteurs du milieu qui ont pris part à la conférence MMOI, qui a eu lieu jeudi aprèsmidi, à l’Hôtel Opus. En 2010, les dirigeants des festivals Osheaga et MEG Montréal ont décidé de s’unir afin d’offrir aux professionnels de l’industrie musicale, en provenance des quatre coins du globe, une occasion d’échanger et de discuter des enjeux importants qui touchent leur domaine. Intitulées MEG Montréal Osheaga International (MMOI), l’événement, présenté du 27 au 31 juillet afin de permettre à ses participants de profiter des concerts offerts dans le cadre de MEG Montréal et d’Osheaga, vise à faciliter les découvertes professionnelles et artistiques. « À l’image de ce qui se fait dans des événements comme South By Southwest, ou même en Europe, les festivals doivent se doter d’un espace professionnel où les gens, après les concerts, peuvent se retrouver et discuter », a expliqué Evelyne Côté, promoteur chez Evenko, entreprise à qui l’on doit Osheaga. Encourager la discussionEn plus d’offrir d’innombrables opportunités de faire du réseautage, ainsi que la possibilité de voir, en cinq jours, une centaine d’artistes sur scène, MMOI est également une occasion d’aborder différentes questions touchant les acteurs de la communauté musicale internationale. Après avoir exploré le thème des réseaux et regroupements, l’an dernier, MMOI a choisi de se lancer dans les enjeux liés aux festivals et à leur réussite, lors de la conférence de jeudi. Divisée en deux parties, cette rencontre animée par Steve Jordan, fondateur du prix Polaris, a permis de discuter de sujets variés comme le financement des festivals, en Amérique et en Europe, l’impact social et artistique de tels événements, les relations avec les commanditaires, ainsi que de l’importance de l’emplacement et de la programmation. Action politiqueParmi les six « panélistes » qui ont pris part à la conférence, on comptait, entre autres, Sandy Boutin, président et fondateur du Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue (FME), David O’Connor, directeur artistique et développement des affaires chez Live Nation, ainsi que Ralph H. Christoph, membre fondateur du festival c/o pop de Cologne. D’ailleurs, ce sont ces intervenants qui ont été appelés à illustrer l’importance de la direction prise par un événement. « Je pense que mon festival est, en quelque sorte, une action politique, a expliqué Sandy Boutin. Nos choix artistiques sont clairs et ils envoient un message : nous n’aimons pas la musique commerciale. J’essaie d’influencer l’industrie et de venir en aide à des artistes grâce à mon festival. » Le FME, lors de cette conférence, n’a pas seulement suscité l’étonnement lorsque Sandy Boutin a expliqué où se situait Rouyn-Noranda, par rapport à Montréal, mais également au moment où il a précisé que les artistes qui participent à son événement sont appelés à investir la ville, du petit café à la galerie d’art. La réponse de M. Boutin aux interrogations de ses collègues, lorsqu’ils lui ont demandé comment il faisait pour convaincre les musiciens de se produire dans de tels endroits? «Après que les artistes se soient produits devant un public aussi chaleureux que celui du FME, nous pouvons leur demander n’importe quoi.» |