Sébastien Ricard prêt à faire face à la musique

La nuit juste avant les forêts - Sébastien Ricard prêt à faire face à la musique

 

Denise Martel - Agence QMI

Dernière mise à jour: 26-05-2011 | 08h28

Un monologue de 45 minutes, livré d’une traite comme un cri de désespoir et de colère d’un laissé-pour-compte de la société.

Après l’avoir joué pendant cinq semaines à Montréal l’automne dernier, Sébastien Ricard est prêt à faire face à la musique pour les dix représentations de La nuit juste avant les forêts, programmé par le Carrefour international de théâtre de Québec.

«Je l’avais vu, il y a 11 ans, quand Brigitte Haentjens l’avait mis en scène avec James Hyndman et j’avais été bouleversé», confie Sébastien Ricard.

À Québec, c’est dans l’ancien garage Bérubé, désaffecté depuis sa fermeture, qu’il performera.

«Le but avec Brigitte Haentjens, qui signe de nouveau la mise en scène, c’est de sortir le spectacle du lieu habituel du théâtre parce que ce n’est pas une pièce qui peut se jouer sur une scène. Je suis très content de celui trouvé par le Carrefour. À Montréal, on le jouait dans un entrepôt désaffecté de Saint-Henri.»

Les traits un peu tirés, il ajoute que c’est un plaisir de plonger dans un texte aussi bien écrit et ciselé que celui de Bernard-Marie Koltès.

«C’est très exigeant autant physiquement que mentalement, mais tellement riche et puissant.»

«Pour mémoriser un texte comme celui-là, je n’avais pas le choix de m’y prendre longtemps à l’avance. On a commencé à travailler le texte en décembre 2009! L’été dernier, pendant les vacances avec ma blonde et les enfants, je me levais à cinq heures le matin et j’apprenais au moins une page par jour. En fin de journée, je reprenais tout ce que j’avais mémorisé depuis le début. Mais ça, ce n’est pas du travail, ça fait partie de la vie de comédien.»

«Ce qui a été plus difficile, c’est de vivre avec un texte aussi intense pendant des mois. Quand les représentations ont pris fin le 18 décembre, ça a fait du bien. Je pouvais penser à autre chose en marchant que mémoriser mon texte», raconte le comédien qui en est à sa troisième collaboration au théâtre avec Brigitte Haentjens, après Vivre et Woyzeck, et sa quatrième si on inclut le Moulin à paroles présenté sur les Plaines d’Abraham en 2008.

BELLE COMPLICITÉ

«Je ne dirais pas que je suis son acteur fétiche, mais c’est sûr qu’on a beaucoup travaillé ensemble au cours des cinq dernières années. C’est comme si, de fois en fois, elle me faisait de plus en plus confiance et me proposait des choses plus difficiles.

«Avec le temps, il y a une complicité qui s’installe. Il y a des choses qui se placent d’elles-mêmes, sans qu’on ait besoin de parler», ajoute le comédien qui jouera de nouveau sous la direction de Haentjens, en février 2012, dans l’Opéra de Quat’sous, présenté à l’Usine C, à Montréal, et au Théâtre francophone du CNA à Ottawa, dont elle assumera la direction artistique à compter de septembre.


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