Accueil Divertissement
 
Spectacle des finissants de l’École nationale de l’humour  - Des p’tits comiques qui ont de la gueule
©Agence QMI/ Sira Chayer
Les dix finissants de l’École nationale de l’humour ont offert au public un numéro d’ouverture à saveur «gangsta rap».

SPECTACLE DES FINISSANTS DE L’ÉCOLE NATIONALE DE L’HUMOUR

Des p’tits comiques qui ont de la gueule


Marie-France Pellerin
25-05-2011 | 22h20
MONTRÉAL - Ils sont jeunes, fougueux et surtout incroyablement hilarants. Les dix finissants de l’École nationale de l’humour l’ont prouvé avec brio mercredi soir au Club Soda : la relève humoristique est bien assurée.

Étape ultime du programme intensif création humoristique, le spectacle, cette fois-ci mis en scène par Louis Champagne et Yves Dagenais, procure inévitablement aux finissants une solide dose d’adrénaline en leur permettant un contact avec le public qui, en retour, a la chance d’admirer en grande première nos grands humoristes de demain.

À mi-chemin dans leur tournée québécoise, qui compte 38 spectacles, ces p’tits comiques ont dégainé leur drôle d’artillerie lourde sur les planches montréalaises afin de faire crouler de rire les spectateurs.

Après un numéro d’ouverture à saveur «gangsta rap» permettant à chacun de se présenter, Michel-Anthony Schmit-Craan, dans la peau du beau gars populaire, a fait crouler de rire le public avec ses mimiques. «Mes amis sont tellement paumés qu’ils font leur propre alcool. Ils ne sont pas "cheap"; c’est de la 24 %.»

Alcool plus cinq jeunes hommes, voilà la prémisse du numéro de l’homme qui a vu l’ours un 24 juin, le jour de son 24e anniversaire. Selon la rumeur, l’épopée aurait du coup changé sa vie, faisant naître le séducteur qu’il est aujourd’hui. «Toutes les femmes veulent passer une nuit torride avec l’homme qui a vu l’ours.»

«Y faut pas se fier aux apparences» avec Maude Morissette, jolie blonde qui, contrairement aux préjugés, sait aligner plus de deux phrases complètes. «Je ne sais pas si c’est à cause de ma couleur de cheveux, mais quand je rentre dans une pièce, les gens commencent à parler plus lentement. Je sais que j’ai une face de pas pertinente.»

L’hyperactive Frédérick Rouleau est passée aux aveux : «Bon ben je vais vous le dire, je suis bipolaire.» L’humoriste, doyenne de son groupe, a sauté du coq à l’âne, non sans de judicieux liens, alignant dans le même numéro Julie Masse, bibittes, alcooliques anonymes et Passe-Partout. Un savoureux numéro complètement éclaté.

«À 21 ans […] je voulais être ballerine, mais j’ai arrêté avant de faire carrière parce que c’est "fucking" bon des chips», a lancé Annie Deschamps, qui a plutôt choisi de fonder une famille. «Le premier c’était un accident, mais c’était tellement une belle surprise que j’en ai fait deux autres.»

Jean-Christophe Surette, dans son rôle du trop bon gars incapable de se fâcher, a aussi fait marrer le public, tout comme Gabriel D'Almeida Freitas, qui a fait dans le mime avec une gestuelle des plus évocatrices. Dominique Bottex-Ferragne a pour sa part donné dans l’exotisme : «Ça ne paraît pas que mon père est Haïtien. Ma mère est Québécoise, c’est pour ça que j’ai l’air arabe.»

Les Martin Petit, Jean-François Mercier, Louis-José Houde et Martin Matte de ce monde n’ont qu’à bien se tenir, car une solide dose de sang neuf vient d’être infusée dans le paysage humoristique québécois.

haut