LE CHEMIN DES PASSES DANGEREUSESLe destin au bout du cheminRaphaël Gendron-Martin 12-05-2011 | 03h46
Trois frères. Un accident. Un secret. Un destin. Le chemin des passes dangereuses revient dans une nouvelle adaptation au Bain St-Michel. Et le résultat est probant. Le défi en était un de taille. Pour sa toute première production, la troupe de théâtre Le Mimésis voulait s’attaquer à l’oeuvre de Michel-Marc Bouchard saluée internationalement. Comme première expérience, il y a plus facile. Jouée une cinquantaine de fois partout sur la planète, la pièce n’est pas la plus évidente à mettre en scène, ni à interpréter. Mais dans les deux cas, mis à part de minimes détails, le mandat a été rempli avec brio. Le Mimésis, ce sont trois jeunes acteurs fraîchement diplômés du Conservatoire d’art dramatique de Montréal. Ils se sont tous donné un rôle dans cette pièce. Louis-Philippe Tremblay est dans la peau de Carl, l’amoureux de Lucie, qui devait l’épouser le jour de l’accident. Yves-Antoine Rivest campe Ambroise, un jeune homosexuel exaspéré qui cache un secret qu’il n’a pas encore avoué à Louis-Philippe. Guillaume Regaudie, avec ses allures de Romain Duris, personnifie Victor, le bon vivant d’Alma. Habitant Montréal, Québec et le Saguenay, ces trois frères ne s’étaient pas revus depuis trois ans. Le mariage de Louis-Philippe était l’occasion de jolies retrouvailles. Malheureusement, les réjouissances tournent rapidement au cauchemar alors que le camion des frangins fait une grave embardée au bout du Chemin des passes dangereuses. « On avait-tu besoin de venir dans le bois ? » demande l’un. Pris en huis clos forcé, ces trois frères en viendront à parler et s’ouvrir comme ils ne l’avaient jamais fait avant. Parce que les secours tardent à venir et que la mort se rapproche, les révélations se font plus aisément. « Il n’y a rien de plus franc qu’un mourant », dira Ambroise. À force de bavardages, les trois frères en viendront à discuter du secret sur leur père, qu’ils n’avaient pas abordé depuis des années. « C’était il y a 15 ans, jour pour jour… » En regardant cette nouvelle adaptation de l’oeuvre de Michel-Marc Bouchard, on n’a aucune difficulté à comprendre pourquoi elle a fait le tour du monde. Le texte est universel, puissant et tragique. Mise en scène inspiréeVisiblement très inspiré, le metteur en scène Michel-Maxime Legault a imaginé une scénographie morbide et qui frappe dès l’entrée des spectateurs autour de la piscine. À l’intérieur du bain, on retrouve une toile de plastique à une extrémité, une carcasse de camion sur le sol et une autre partie du véhicule dans les airs. L’ambiance sinistre est très efficace. Malgré quelques séquences un peu surjouées, les trois comédiens font preuve d’un beau talent pour rendre ce texte aux passages intenses. On croit à leur personnage et à la misère qu’ils vivent. Le chemin des passes dangereuses, au Bain St- Michel jusqu’au 27 mai. |