DOMINIC CHAMPAGNEAu-delà de la critiqueDany Bouchard 22-03-2010 | 04h00
Tout juste remis d'une grave commotion cérébrale qui l'a mis K.-O. 10 jours avant la première de Paradis perdu, le metteur en scène Dominic Champagne espère que son spectacle fera des petits. «On aurait pu l'avoir plus facile», juge-t-il au sujet des critiques sévères. Paradis perdu a tenu l'affiche du Théâtre Maisonneuve du 26 janvier au 6 février dernier. Au total, 25 000 spectateurs ont vu l'oeuvre de Dominic Champagne, imaginée avec la complicité de Jean Lemire. «On a fait des découvertes techniques qui ont suscité l'intérêt du milieu professionnel. On sait qu'il va y avoir des suites à ça», confie Dominic Champagne, en évoquant d'illustres partenaires à New York, à Londres, en Belgique et au Japon. Dans Paradis perdu, la création du monde est racontée en 40 tableaux. Encadrée par trois écrans, la scène devient une boîte à image où naissent des volcans, des glaciers et des montages d'un réalisme surprenant. «Il y a des gens qui sont venus voir le show et qui s'intéressent au spectacle comme tel, dans cette version-là ou dans une autre version. Et il y a aussi des gens qui sont intéressés par la technique qu'on a trouvée», indique Dominic Champagne. «Il y a eu une sorte de cabale»Paradis perdu n'a pas fait l'unanimité auprès des critiques culturels. Loin de là. «On a dit que c'était mièvre, insupportable, même qu'on avait envie de tirer au fusil sur la scène. C'est assez fort. C'est sûr que ça m'enrage et je trouve que j'ai eu des coups dans les jambes. Il y a eu une sorte de cabale. Il y a eu un ton assassin, dévastateur. Vingt-cinq mille personnes, c'est un gros succès au TNM et c'est remplir le Quat'Sous pendant plus d'une saison», plaide le metteur en scène. Dominic Champagne estime avoir été victime du «syndrome Félix Leclerc». «On m'attendait avec une brique et un fanal. Il faudra que la reconnaissance d'ailleurs se manifeste pour que le jugement de certains journalistes s'adoucisse», dit-il. La création d'un spectacle comme Paradis perdu a été complexe, d'autant plus que le metteur en scène a fait une grave chute sur la glace quelques jours à peine avant la première ( voir autre texte). «On savait que c'était un spectacle qui ne ferait pas l'unanimité, mais on savait qu'on aurait un certain succès. «Quand je suis sorti du spectacle sur les Beatles (LOVE, du Cirque du Soleil), je me demandais quel serait le show que je devais faire et Paradis perdu a été ma réponse. (...) Je suis fier de ce qu'on a fait.» Plusieurs personnalités, comme Steven Guilbeault, Guy Laliberté, Jacques Languirand et Bernard Landry, ont d'ailleurs reconnu de grandes qualités au spectacle. L'heure des comptesDominic Champagne et d'autres partenaires, dont le biologiste Jean Lemire, ont investi beaucoup de leurs économies dans la création du spectacle. «On est à l'heure des comptes. Je ne peux pas dire qu'on va faire de l'argent, mais je ne pense pas qu'on va en perdre tant que ça», explique le metteur en scène. «Dominic est, selon moi, un petit génie, confie Jean Lemire, emballé par son expérience. Il m'a fait une place formidable, même si ce n'est pas du tout mon domaine. J'ai fait des rencontres extraordinaires et ce legs-là va me servir dans ma façon de faire des films.» Revenu de quelques jours de vacances, Dominic Champagne s'attaque maintenant à un spectacle pour la Compagnie Jean Duceppe et il travaille à préparer un autre spectacle, avec Yvon Deschamps et Benoît Brière, qui prendra l'affiche du Quat'sous l'an prochain. «C'est une expérience très positive qui, je l'espère, va faire des petits, mais on aurait pu l'avoir plus facile. (...) Ça a été une épreuve à tous égards», résume Dominic Champagne au sujet de Paradis perdu. |