PARISUne mission françaiseDany Bouchard Envoyé spécial à Paris 02-02-2010 | 06h42
PARIS, France | Véronic DiCaire «est en mission». Ce soir, elle entame une série d'une cinquantaine de spectacles au théâtre La Gaîté Montparnasse, avec l'espoir de se tailler une place dans le coeur des Français. «Je sens que je suis en mission ici», confie-t-elle, attablée dans un petit café à deux pas du théâtre. «Ma mission, c'est de séduire le public français, pour que le bouche-à-oreille se fasse, pour qu'il en découle une tournée en province». «Ou le Stade de France, si ça explose !», blague Rémon Boulerice, son conjoint et gérant. À Paris, dans le théâtre de 400 places, Véronic DiCaire proposera un spectacle d'une heure, assez différent de celui qu'elle a trimballé au Québec. «On a décidé de ne pas trop mettre l'humour en avant-plan, indique Josée Fortier, la metteure en scène du spectacle. C'est plus une performance qu'un spectacle d'humoriste», dit-elle. Sur scène, le spectacle prend des allures de marathon alors que Véronic DiCaire emprunte une quarantaine de voix, dont plusieurs Françaises, spécialement travaillées ou retravaillées pour l'occasion (Mylène Farmer, Olivia Ruiz, Patricia Kaas, Arielle Dombasle, Maurane, Vanessa Paradis et Mireille Mathieu, notamment). «Il fallait ajouter plus de voix françaises et on a réécrit le spectacle en six chapitres», explique Josée Fortier. «On veut leur en mettre plein la vue, les bombarder de chanteuses», résume l'imitatrice- chanteuse, les yeux pétillants. Six soirs par semaineAu théâtre de La Gaîté Montparnasse, Véronic DiCaire présentera son spectacle juste avant celui d'Arthur, à raison de six soirs par semaine. «Je ne suis pas en vacances, je suis vraiment ici pour travailler, conquérir (le marché français), et apprendre», dit-elle, avec l'humilité qui lui est caractéristique. Depuis une dizaine de jours, Véronic et son équipe répètent le spectacle dans ses moindres détails. «Je me sens prête, commence-t-elle. C'est drôle parce qu'hier, je lisais mes textes et j'ai dit à Josée : "Je suis tannée, je trouve plus ça drôle, je trouve plus ça l'fun". Josée m'a dit : "C'est parfait ! T'es à la bonne place, t'es prête pour un public"», raconte-t-elle en souriant. Véronic DiCaire travaille aussi avec la chorégraphe Geneviève Dorion-Coupal, qui a étudié la gestuelle et les mimiques des artistes imités dans le spectacle. «Il a fallu que je me tape beaucoup de YouTube», admet-elle en riant. «Il faut être capable, en un clin d'oeil de reconnaître Madonna, Lady Gaga, ou Édith Piaf. [...] Comme c'est très court, dit-elle à propos de la durée du spectacle, c'est encore plus tough.» Véronic DiCaire a aussi dû consacrer de l'énergie à corriger sa diction. «Je ne deviendrai pas franchouillarde, mais il faut que je prenne attention à la façon dont je vais articuler. J'ajoute des "hein" à la fin de mes phrases et c'est un tic que j'ai. Il a fallu que je les laisse aller mes "hein"», dit-elle. Un automne à déterminerAprès l'étape parisienne, Véronic DiCaire reviendra au Québec pour y poursuivre sa tournée. À compter de septembre et jusqu'à la fin de l'année, l'agenda est libre, prêt pour d'autres dates en France. Quant à la suite des choses, incluant une percée aux États-Unis, Véronic DiCaire fait confiance au talent de René Angélil, le coproducteur de son spectacle. «Il n'a pas appelé sa maison de production Feeling pour rien. Il a un instinct fascinant, il sent les choses», dit-elle. |