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Les Improductifs - L'improvisation de l'extrême
© Photo Jocelyn Malette
Nicolas Pinson agit comme animateur et maître de cérémonie pour les Improductifs.

LES IMPRODUCTIFS

L'improvisation de l'extrême

Benoît Aubin
31-01-2010 | 04h00

Ils sont, encore aujourd’hui, le secret bien gardé d’un cercle de fans et de groupies branchés, mais, au moment de fêter leur cinquième anniversaire, Les Improductifs se disent que l’heure est peut-être venue d’émerger dans le «vrai» monde.

Les Improductifs étaient à l’origine un groupe d’étudiants en théâtre, en musique ou en humour, à tendance débile, avec un gros appétit pour le risque, assimilé au plaisir. Ils sont un sous-produit de la Ligue nationale d’improvisation, passage obligé pour quiconque veut réussir dans cette sphère de la prise de parole qu’est le sketch improvisé, en direct, sans filet, devant un auditoire.

Les Improductifs sont aussi les descendants de Whose Line Is It Anyway?, un laboratoire d’improvisation, créé à la radio de la BBC, et qui a connu un succès certain à la télé américaine. De l’impro, donc, mais poussée à l’extrême limite.

L’idée, raconte Nicolas Pinson, est d’impliquer le public, qui suggère des thèmes d’improvisation. «On leur dit de ne pas se gêner. Plus ce sera difficile, plus on va rire.»

AMIS MUSICIENS

Pour compliquer le défi, il y a la musique. Un des membres fondateurs des Improductifs est Éric Desranleau, du groupe Mes Aïeux, qui amène parfois des amis musiciens avec lui. Le thème d’une improvisation peut être quelque chose comme: «Chevy Nova 72, sur un air de reggae» et bonjour l’impro…

À part Pinson, qui agit comme animateur et maître de cérémonie, et Desranleau, les autres membres fondateurs des Improductifs sont Laurent Paquin, Simon Boudreault et Daniel Malenfant. Parmi les collaborateurs réguliers, on compte Diane Lefrançois, Benoit Rocheleau et Gaëtan Troutet. En cinq ans, Les Improductifs ont gradué du Medley au studio du musée Juste pour Rire. Maintenant, ils se produisent une fois par mois au Théâtre Plaza, rue Saint-Hubert, profitant de l’équipement et des éclairages de l’émission Belle et Bum, de Télé-Québec, qui y est enregistrée.

Pour le show du cinquième anniversaire des Improductifs, le 2 février, des amis du groupe (Ariane Moffatt, Edith Cochrane, Éric Salvail, Charles Lafortune) feront des caméos et participeront à deux sketches chacun.

Les Improductifs, spectacle pour le cinquième anniversaire le 2 février. Au Théâtre Plaza, 6505, rue Saint-Hubert.

De l'intime au public

Quand le moment fut venu de créer une compagnie pour encadrer la production de ce spectacle d’improvisation, Nicolas Pinson a fait les démarches pour enregistrer Les Improductifs.

«La fonctionnaire m’a regardé de travers et par deux fois en me demandant si le nom de ma compagnie était bien Les Improductifs. Elle ne savait pas si on se moquait d’elle ou pas.»

C’est que Les Improductifs commencent maintenant à se prendre au sérieux. «Après cinq ans passés en dessous des écrans de radar, on se dit que le moment est peut-être venu d’émerger dans le mainstream», explique Nicolas Pinson, qui agit comme maître de cérémonie lors de ces soirées d’improvisation extrême, qui attirent un public restreint, mais fidèle, lors des spectacles mensuels, au Plaza, rue Saint-Hubert.

L’idée du spectacle est de mettre les comédiens-improvisateurs face à des défis impossibles. Il y a aussi un aspect musical au spectacle. Le show est complètement déjanté, risqué, et souvent très drôle.

SPECTACLE INTERACTIF

Il y a un potentiel commercial certain dans cette expérience de théâtre underground, qui, à cinq ans, arrive à maturité, assure Nicolas Pinson.

Le groupe est en train de développer un format qui pourrait intéresser un réseau de télévision: «On pense à une émission comme Whose Line Is It Anyway?, mais branchée, dans laquelle les gens pourraient nous faire leurs suggestions d’improvisation en ligne, en direct», nous apprend Pinson.

«On voudrait poursuivre ce que nous avons commencé ici, mais en utilisant toutes les plateformes possibles de l’audiovisuel, pour faire un spectacle débridé, interactif et très actuel.» L’idée d’émerger de l’underground dans un véhicule pour grand public comme la télévision est alléchante, mais elle est aussi risquée. «C’est certain qu’il faudrait s’adapter.»

C’est que l’idée même du spectacle (un happening sans limite ni censure) ne pourrait pas jouer en heure de grande écoute. «Mais, après dix heures, un vendredi soir, un show comme ça pourrait marcher», conclut Pinson.

Reste à voir quelle antenne oserait l’endosser.

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