IL N'Y A PLUS RIENMieux vaut en rireBenoît Aubin 22-11-2009 | 11h15
On ne s’éclate pas de rire, mais on rit souvent, jaune parfois, certes, mais de bon coeur aussi; on rit parce que si on ne riait pas, on voudrait sans doute pleurer. On rit parce que les comédiens sont excellents. La pièce gamberge allègrement dans le burlesque, l’absurde, le pathétique, le tragique, mais eux restent fidèles à leurs personnages –souvent surréalistes ou complètement déjantés–, mais sans jamais forcer ni en remettre, au point qu’on oublie vite qu’ils jouent. C’est bon, ça. On rit surtout parce que l’auteur, Robert Gravel, a pris le parti de nous faire rire – parce qu’il n’y a rien d’autre à faire devant la détresse, la solitude, la mort, la bêtise, que d’en rire, espérant que le rire, même grinçant, ait des vertus thérapeutiques supérieures à celle de la dénonciation, de la révolte ou du désespoir. La pièce a été créée en 1992, et n’avait pas été jouée depuis. C’est donc un morceau d’anthologie et le metteur en scène, Claude Laroche, a tenu à respecter la mise en scène originale afin de transmettre l’oeuvre de Gravel à un nouvel auditoire.
Jeu d’équipeC’est tout à fait louable, finalement. On comprend aujourd’hui que cette pièce devait être vraiment moderne à l’époque. Il y a cependant des trucs qui commencent à dater aujourd’hui – la caricature sociale, par exemple, ou la dénonciation du système de santé –, on a raffiné, on est allé plus loin depuis. Il y a 14 comédiens qui circulent sur la scène exiguë du Rideau Vert, dans une mise en scène réglée au quart de tour. Ils sont tous excellents. C’est du jeu d’équipe. Mais Claudine Paquette en Madame Caron (tout droit sortie des Bougon), Gilbert Turp (Toothpick, le mari débile de la nièce de Madame Caron), Marc Legault (le vieux monsieur que personne n’écoute) et Danièle Lorain (l’infirmière qui passe son temps au téléphone) se démarquent dans ces rôles de composition. On rit, mais, quand même: il y a des gens qui vont passer Noël dans un CHSLD. Pas drôle, ça.
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