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Luck Mervil - L'homme qui veut se rappeler le passé
© QMI
«Les Québécois ne sont pas violents, on ne fait pas couler de sang pour arriver à nos fins. On fait les choses tranquillement et c’est tout en notre honneur», affirme Luck Mervil.

LUCK MERVIL

L'homme qui veut se rappeler le passé

par Michelle Coudé-Lord
Le Journal de Montréal
12-09-2009 | 04h00
Sagement, en lisant des passages du manifeste du FLQ cet après-midi sur les plaines à Québec, Luck Mervil, l’homme qui a inclus ce texte dans le cadre du Moulin à paroles, se rappellera ceci: «La raison a toujours le dessus sur la parole.»

«C’est un texte puissant qui a marqué l’histoire. J’avais le choix entre le manifeste du FLQ, un texte du RIN et un poème de Gilles Vigneault, mais je me suis dit que lorsqu’on veut raconter l’histoire, on ne se ment pas, on dit clairement les vraies affaires. Et il n’y a pas tant de textes que cela, nous ne sommes pas la France, ni l’Égypte, ni la Grèce. Notre histoire n’est pas millénaire», dit Luck Mervil.

Lui aussi a été fort déçu de la réaction du gouvernement de Jean Charest.

«C’est de la censure, de la manipulation, c’est prendre des gens pour des idiots alors que nous vivons une époque aujourd’hui où nous avons des problèmes en santé, en éducation, en environnement, en économie et on me parle d’un texte qui va être lu dans un cadre totalement inoffensif. On alerte tous les médias avec cela. Et ce sont ces gens-là qui sont là pour nous servir. Alors, j’ai l’impression que nous sommes très mal servis et ces politiciens ne méritent donc pas la place qu’on leur donne», estime l’auteur-compositeur.

Il le dit haut et fort: le peuple québécois n’est pas «violent».

«Cherchez un pays où, au lendemain d’un référendum avec un résultat de 51-49, aucune voiture n’est brûlée. Les Français et les Allemands n’en reviennent pas quand on leur raconte ce pan de notre histoire. C’est cela le peuple québécois. Chez nous, on fait des révolutions tranquilles pour arriver à nos fins et c’est tout en notre honneur. Or, je comprends mal qu’on ait peur de lire des passages d’un texte qui justement a marqué notre histoire. C’est aberrant pour moi et c’est de la censure, ce qui est condamnable et inacceptable», précise Luck Mervil.

Pourquoi avoir choisi ce texte? «On m’invite à commémorer le 250e de la bataille des plaines. Je ne choisirai pas un texte qui fait notre affaire, mais un texte qui a marqué notre histoire et qui est porteur et puissant. C’est le cas de ce manifeste.»

NON À LA VIOLENCE

Luck Mervil le répète, cet évènement n’incite nullement les gens à la violence.

«Au contraire, on rappelle aux gens que tuer ne mène à rien. Que c’est en discutant qu’on fait des gains dans la vie. D’ailleurs, quand je lis attentivement ce texte, je me dis que très peu de choses ont changé depuis, mais que les Québécois ont décidé d’avancer de manière raisonnable. On avance en s’éduquant et le Moulin à paroles sert aussi à cela. C’est un regard sur le passé qui est souvent nécessaire.»

Biz, l’un des fondateurs du Moulin à paroles lui a laissé un message sur son répondeur: «Je suis tellement fier. Tu t’es tenu debout tel un roc alors que la tempête sévissait autour de toi.»

Luck Mervil en rit aujourd’hui. «Je n’ai rien eu à défendre, il n’y en a pas de tempête, il n’a jamais fait aussi beau.»

«En attaquant cette réalité historique, le gouvernement libéral s’attaque aux médias, qui construisent l’histoire. Ce texte est sur internet. Doit-on interdire le web dans le pays? Il est dans les bibliothèques, doit-on les fermer? Voyons, ce n’est pas sérieux. Ce manifeste du FLQ nous aide à mieux comprendre le passé, il est important de ne pas l’oublier d’un point de vue historique. On ne peut pas montrer que les bonnes choses de l’Histoire», conclut Luck Mervil.

Luck Mervil lira des passages du manifeste du FLQ à ces quatre présences au Moulin à paroles dès 15h cet après-midi.

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