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Juste pour rire - Trop de grosses vedettes
© Photo Agence QMI
Malgré les gros noms présents, dont Stéphane Rousseau (à droite), le spectacle n’a pas été à la hauteur des attentes.

JUSTE POUR RIRE

Trop de grosses vedettes

Benoît Aubin
Le Journal de Montréal
17-07-2009 | 09h26

C'était la soirée France-Québec du festival Juste pour rire, la rencontre sur scène des Français qui marchent par ici et des Québécois qui pognent à Paris. De grosses pointures: Franck Dubosc, Stéphane Rousseau, Anthony Kavanagh, Florence Foresti. Mais, bon, euh...

C'est sûr que des gens qui ont payé le gros prix pour aller voir ces gros noms de l'humour tous ensemble réunis dans un même gros spectacle sont disposés à rire. Et ils ont ri.

Mais est-ce qu'ils se sont marrés, se sont bidonnés, éclatés, se sont explosé de rire? Non. Pas vraiment. Dès le lever de rideau, les coanimateurs, Dubosc et Rousseau, nous ont promis une «soirée de délire». Ce ne fut pas ça. Pas vraiment.

Bien sûr, il y a eu de bons moments. Stéphane Rousseau fut le meilleur. Son sketch sur le douanier américain à Dorval - unilingue, agressif, soupçonneux, borné, violent et paranoïaque -était réussi. Drôle. Mais quand même... On avait une impression de déjà vu: le sketch avec Michel Rivard et les bureaucrates fédéraux de la culture durant la dernière élection...

Florence Foresti, qui est régulièrement géniale, était peut-être en décalage, mais son numéro de la maman qui s'emmerde avec son petit enfant au parc touchait quand même des cordes sensibles. Anthony Kanavagh a proposé un téléthon pour les vendeurs d'autos -«adoptez une Pontiac».

Mais, bon, est-ce là le clou d'un gala, lui-même le clou d'un festival du rire? Non, pas vraiment.

Clichés

Première impression: trop de grosses vedettes gâtent le show. Plusieurs bons ingrédients, mais qui n'ont pas eu le temps de mijoter, de secréter une sauce qui les lierait. Aussi, aucun de ces artistes n'a eu le temps d'établir un vrai rapport avec la salle, de trouver son souffle, ses jambes. À cause de ça, les dix minutes allouées à chacun semblaient trop longues.

Deuxième impression: la plupart des blagues -plutôt, des clichés -sur les rapports entre la France et le Québec étaient convenues et usées: les Français ne se lavent pas, les Québécois parlent en créole ou, dans les mots de Kanavagh, «un Haïtien qui a un passeport français, ça donne un taxi qui pue».

Traîner de la patte

C'est que, ces derniers temps, l'actualité s'est chargée d'être plus drôle que les humoristes. La tempête sur la présence de Michaëlle Jean à La Rochelle, le diplomate français qui a dit que Jean Charest doit «avoir la plotte à terre», Paris Match qui ne fait pas bien la différence entre Québec et Montréal... On avait l'impression que l'humour traînait de la patte, que la réalité l'avait dépassé.

Les autres comédiens? Ordinaires. Des Français qui se pensent drôles parce qu'ils poussent des sacres et disent «des caps de roue en broche». Des Québécois, comme Dominic Paquet, qui a fait des blagues de vomi, en parlant plus mal que mal: «avec ein n'istoir' de même, 'a torcherait n'impadequi icitte à souer».

Dernière impression: ces galas ont besoin d'un rédacteur, d'un metteur en scène costaud pour mettre tous ces égos à leur place et les faire travailler plus fort à produire ensemble un show à la hauteur de l'annonce.

Le talent est là. Mais la production l'est moins.

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