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Vive la mariée! - Un duo d'enfer
© Photo Le Journal de Montréal
Julie Daoust et Hugo Turgeon ont écrit la pièce Vive la mariée!.

VIVE LA MARIÉE!

Un duo d'enfer

Benoît Aubin
19-07-2009 | 04h00

Ils sont jeunes, drôles, pleins de bonnes idées et parfaitement sûrs d’eux-mêmes.

Ils écrivent des pièces de théâtre. Dans lesquelles ils jouent, été après été. C’est qu’ils sont aussi les directeurs artistiques d’un théâtre. Et ils ont à peine trente ans. Un duo d’enfer...

Julie Daoust et Hugo Turgeon se sont rencontrés sur les bancs d’école (de théâtre) et forment, depuis, une équipe à qui la chance a souri, parce que, semble-t-il, rien de leur résiste.

Malgré leur jeune âge, ils ont obtenu que Normand Chouinard soit le metteur en scène et que Pauline Martin tienne la vedette dans leur nouvelle pièce, Vive la mariée! au Théâtre des Tournesols de Cowansville.

Ils sont donc auteurs, et comédiens jouant leurs propres oeuvres, dans un théâtre dont ils planifient eux-mêmes le développement. Comment en sont-ils arrivés là si vite? Cul par-dessus tête, à les entendre.

Ils jouaient aux Tournesols en 2004. Le nouveau propriétaire ne savait pas trop quoi faire de son théâtre. «Nous lui avons soumis un plan, juste pour aider », dit Julie. Ce plan? Rajeunir le théâtre, éviter le boulevard, favoriser des oeuvres québécoises, des créations de préférence, et être drôle.

Le nouveau propriétaire, Raymond Goyette a aimé ce qu’il a entendu, et les a nommés codirecteurs artistiques. À 26 ans. Bingo!

«Le répertoire québécois d’été n’est pas si vaste, dit Hugo. J’ai dit à Julie: on devrait s’essayer à écrire.» Julie enchaîne, avec un synchronisme de théâtre: «la première pièce, on l’a écrite en cachette».

ÉCRIRE PAR COMITÉ

Deux écrivains sur un même texte, c’est rare, la recette parfaite pour une guerre des égos. Mais pas avec ces deux-là. Pour eux, le texte est un produit, plus qu’une oeuvre: il est donc alléable, adaptable.

Ils écrivent par comité. Un rédige une version, la montre à l’autre qui la modifie. Ensuite, ils en font une lecture pour un groupe d’amis critiques. La modifient selon leurs remarques.

«Quand on peut avoir l’avis de gens comme Normand Chouinard ou Pauline Martin, on écoute, on prend des notes, c’est certain.» Ce qu’il faut comprendre, dit Hugo, c’est que «les bonnes idées sont dans l’air. Elles appartiennent à tout le monde». S’agit de savoir les capter.

«Pour faire rire, on beurre épais»

On est à la veille du mariage de Lucie et de François-Luc.

La mère de la mariée s’est complètement investie dans le succès de la noce, mais son conjoint, beau-père de la mariée, va tout faire pour que le mariage n’ait pas lieu. Car il n’aime pas le gars.

«La mère est busy-busy. Elle veut absolument que la noce réussisse. Et il y a la meilleure amie de la mariée, qui n’a pas de vie, qui vit par procuration.» C’est ainsi que les auteurs résument l’intrigue de Vive la mariée!

«La force de notre écriture, c’est que nos personnages sont bien définis, toujours hauts en couleur», dit Hugo Turgeon. «Ça, et la démesure. On ne fait pas dans le réalisme; pour faire rire, on beurre épais, faut pas se gêner, c’est ça qui est drôle.»

Julie Daoust enchaîne: «C’est de savoir jusqu’où les personnages vont aller. On humanise les personnages, puis on les pousse à l’extrême de ce qu’ils sont. Ce qu’on aime, c’est voir comment des personnages réagissent à des situations extrêmes.»

  • Vive la mariée! - Mise en scène de Normand Chouinard, avec Pauline Martin, Emmanuelle Laroche, Benoit Maufette, André Lacoste et Julie Daoust. Au Théâtre des Tournesols, Cowansville, jusqu’au 30 août.

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