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Oscar - Le show, c'est Benoît Brière
© Photo Gracieuseté Théâtre du Vieux-Terrebonne
Benoît Brière explore les limites du délire dans Oscar avec sa complice Josée Deschênes.

OSCAR

Le show, c'est Benoît Brière

Benoît Aubin
Le Journal de Montréal
19-06-2009 | 09h23

Il faudrait, avant la fin de l'été, faire une captation sur vidéo du dernier acte d'Oscar, au Vieux-Terrebonne.

Benoît Brière y livre un numéro comique qui est un grand moment de théâtre sauté. Un morceau d'anthologie. Une performance à la limite du délire et de l'apoplexie, qui fera époque.

Oscar, la pièce écrite par Claude Magnier en 1959, est un classique du théâtre de boulevard français. C'est le genre de comédie de situation - franchouillarde, plus drôle que spirituelle et entièrement prévisible - qui, consommée sans modération, pourrait vite vous faire détester et le théâtre de boulevard et les Français.

C'est plein de portes qui claquent, de quiproquos gros comme de la corde de bateau, de méprises débiles et de rebondissements énormes, le tout mâtiné d'une critique sociale entendue -les hommes sont bêtes, les femmes sont idiotes et les riches sont des hypocrites et des cons.

Une telle pièce - appelez ça un classique si vous voulez - en est toujours à un détail près de devenir une catastrophe. Tout repose sur le jeu des comédiens et l'efficacité de la mise en scène.

«Si tu n'es pas drôle un soir, oublie ça, c'est l'enfer», disait Josée Deschênes, quelques jours avant la première. (Trop maquillée, sous sa perruque rouge vin, trébuchant dans tous les escaliers, elle est hilarante avant même d'ouvrir la bouche, dans son rôle d'épouse du millionnaire - dinde, désabusée et nulle.)

Risquer

Le metteur en scène, Alain Zouvi, a décidé de jouer la pièce comme un classique du boulevard parisien - plutôt que de l'adapter au Québec.

La pièce est jouée dans une langue qui n'est pas vraiment celle des Français, mais n'est pas celle des Québécois non plus. Bonne idée, mais risquée. Cela casse un peu le tabou voulant qu'il soit impossible d'être drôle autrement qu'en joual - même si l'ensemble ne sonne pas toujours très juste.

Dès le lever de rideau, avant le premier mot, le décor - un salon ultra kitch, sixties «moderne» -reçoit une salve d'applaudissements.

Mais le show, c'est Benoît Brière. Pendant la première moitié de la pièce, il évolue dans l'ombre de Louis de Funès, qui s'est approprié ce personnage au cinéma comme sur la scène. Puis, vers la fin, Bière décolle...

M. Brière déploie une énergie, une intelligence, et un attirail comique d'une force et d'une richesse remarquables, en jouant ce personnage pathétique, loufoque, qui implose et devient «zinzin» à la fin. Il s'y donne totalement, et s'y amuse tout à la fois. Il va très loin. À plusieurs reprises, la salle a interrompu la pièce pour applaudir sa performance, énergique, généreuse et entière. Rare, ça.

La pièce repose entièrement sur ses épaules - sur sa générosité, son énergie, son talent - sur son génie particulier. Et il la porte avec maestria.

La saison débute à peine, mais, déjà, le théâtre d'été québécois de 2009 a créé un incontournable...

Oscar, Théâtre du Vieux-Terrebonne, du mercredi au samedi.

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