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Gregory Charles - La musique au coeur de sa vie
© Le Journal de Montréal
Gregory Charles

GREGORY CHARLES

La musique au coeur de sa vie

Michèle Coudé-Lord
13-06-2009 | 04h00

Gilbert Rozon l’a baptisé Music Man et entend bien le vendre ainsi aux Français et aux Américains.

Il n’existe pas d’autres mots pour définir Gregory Charles. La musique et lui ne font qu’un. Le Mondial Choral dont il tiendra la 5e édition, du 19 juin au 12 juillet, lui permet de partager son bonheur. Tout simplement avec 10 000 choristes venus de plusieurs continents.

«Cinq ans plus tard, je suis très fier de dire que le Mondial Choral Loto-Québec est le plus important événement choral en Amérique et l’un des plus grands dans le monde. Et ce n’est pas fini. C’est nos olympiques à nous avec 10000 personnes qui débarquent à Laval. Nous avons redonné au chant choral ses lettres de noblesse», confie fièrement celui qui a fait naître le Mondial choral.

Pour Gregory Charles, la musique en choeur est une véritable communion et un geste citoyen extraordinaire.

«Chanter en choeur est une expérience extrêmement satisfaisante. On reçoit autant qu’on donne. Tu participes à une oeuvre commune plus grande que toi. C’est un regard sur le monde. C’est un geste de partage. Je suis heureux de participer à de tels moments de grâce et de faire du Québec une référence dans le monde dans le chant choral.»

VIVEMENT LA CULTURE

Rappelons qu’il vient de triompher en Europe avec son Choeur de Laval, à une grande compétition internationale. «Il n’y a qu’une façon d’unir la planète et c’est par le chant, la musique», souligne Gregory Charles.

Le Mondial Choral, c’est plus de 200 spectacles, de grands événements extérieurs, avec, cette année, les Aznavour, Charlebois, Lavoie, Rivard, Piché et Mes aïeux.

Gregory Charles ne vit pas sans la musique. C’est sa nourriture depuis sa petite enfance. C’est pourquoi il déplore que nos dirigeants ne voient pas l’importance de la culture et, dès que l’économie va mal, on coupe.

«La culture c’est notre lien avec l’humanité et notre portrait identitaire. Les gouvernements oublient trop souvent que l’industrie culturelle est une machine économique en soi», rappelle Gregory Charles, victime des compressions à la radio de Radio-Canada. Car après 12 ans, son émission de radio entendue tous les samedis se termine le 12 juin prochain.

«Je suis triste, mais dans la vie quand une porte se ferme une fenêtre s’ouvre. Et j’aurai le défi de la France en septembre, ce qui est énorme. Je ne veux pas manquer ce rendez-vous», indique celui que ses fans retrouveront en novembre dans un nouveau spectacle, au Saint-Denis à Montréal.

COMMENT VA SON PRÉSIDENT?

Mais avant, Gregory Charles vous convie à son Mondial. Enfin, quand on lui demande s’il est satisfait de «son président américain Barack Obama», il répond sur un ton fier et admiratif:

«Absolument, il fait preuve d’une grande sagesse, d’une grande intelligence et il inspire le bonheur dans tous ses gestes.»

Un peu comme lui le fait avec sa passion de la musique. «Sans la musique, le chant, ce partage d’amour, je n’existe pas. C’est ma nourriture de vie», conclut Gregory Charles. Et on le croit.

  • Le Mondial Choral, du 19 juin au 12 juillet.

DANIEL LAVOIE

Avez-vous fait déjà partie d'un choeur?

J’ai chanté dans le choeur de l’église paroissiale quand j’étais jeune garçon. Un petit choeur avec un grand coeur.

Quelle chanson de votre répertoire avez-vous le plus hâte de chanter en concert?

Mes chansons les plus mélodiques se prêtent le mieux à une grande formation. J’ai quitté mon île, Ils s’aiment, Qui sait et étonnement Tension Attention.

Le chant choral est encore associé à l'Église. Êtes-vous croyant?

Je crois en la musique et à sa force d’émotion. Mais pour moi les choeurs sont plus associés aux grands opéras.

La foi, Dieu, croire ou ne pas croire?

Mes analyses personnelles de la chose me donnent à soupçonner que ce que nous appelons Dieu est un phénomène immensément complexe et hors d’atteinte de la compréhension de nos petits cerveaux primaires. Reposez-moi la même question dans 2 millions d’années et j’aurai peut-être une idée plus claire sur le sujet.

Et Gregory Charles, que vous inspire cet artiste polyvalent?

Gregory est un grand talent doté d’une énergie vitale extraordinaire.

Chanter avec un choeur, parlez-nous de cette expérience?

C’est une expérience à la fois très inspirante et à la fois troublante. C’est comme avoir une immense bande d’amis pour faire un show, et en même temps, comme avoir un public en avant et un en arrière. C’est toutefois très émouvant de sentir le poids d’émotion dégagé par tout ce monde réuni autour d’une chanson et qui se donne coeur et âme dans une immense vague d’énergie.


PAUL PICHÉ

Avez-vous fait déjà partie d'un choeur?

Mon grand frère faisait partie d’une chorale à l’école primaire et j’ai voulu me joindre à eux. Je n’ai pas persisté. Je chantais à peine. J’étais terrorisé par le frère religieux qui approchait son oreille de ma bouche qui n’arrivait pas à produire un son.

Quelle chanson de votre répertoire avez-vous le plus hâte de chanter en concert?

L’escalier se laisse bien soulever par une chorale.

Le chant choral est encore associé à l'Église. Êtes-vous croyant?

Je ne suis pas croyant, mais je ne suis pas athée. Je suis ce qu’on appelle un agnostique. C’est un grand mot pour dire que je ne pense pas qu’on puisse affirmer que Dieu existe ou qu’il n’existe pas.

La foi, Dieu, croire ou ne pas croire?

J’ai beaucoup de respect pour ceux qui croient en Dieu. En autant qu’ils sachent que croire n’est pas savoir. J’en ai contre les religions qui veulent s’imposer ou qui utilisent la condition humaine difficile pour se faire les intermédiaires obligés avec Dieu. Je crois que la vie a probablement un sens en dehors de ce que notre logique nous permet de comprendre, mais jamais il ne me viendrait à l’idée d’imposer cette vision ou toute forme d’illustration que je me construis pour m’approcher de ce qu’on appelle l’au-delà.

Et Gregory Charles, que vous inspire cet artiste polyvalent?

La générosité, la candeur, l’authenticité, un amour véritable de la musique et des artisans de celle-ci. Lui-même, aujourd’hui un artiste accompli, il continue de nous faire manger la musique du monde entier.

Chanter avec un choeur, parlez-nous de cette expérience?

C’est une expérience divine.


MICHEL RIVARD

Avez-vous fait partie d'un choeur?

À l’école probablement. Mais je considère aussi que Beau Dommage était aussi une belle chorale, ma chorale, car nous chantions toujours en harmonie. Nous prenions toujours soin des uns et des autres.

Chanter avec un choeur, parlez-nous de votre expérience

J’ai travaillé longtemps avec Marie Bernard qui a écrit avec moi en 2000 un oratorio qui s’appelle Vaste est la vie qui a été chanté par un choeur de 2000 voix. C’est à ce moment-là que j’ai vu l’ampleur du mouvement des chorales au Québec. Je trouve cela absolument extraordinaire. Moi qui ai toujours aimé chanter en harmonie, je saisis parfaitement le bonheur que vivent ces gens-là.

Associes-tu le chant choral à l'Église?

Non pas du tout, je l’associe plutôt à un rituel. Moi, j’ai toujours aimé la musique sacrée. Pour moi, le fait de se mettre ensemble et de chanter en harmonie en soi est un geste spirituel, un geste sacré. C’est la voix humaine, la communauté. Chanter en harmonie signifie qu’il faut absolument écouter son voisin, ne pas vouloir chanter plus fort que lui, mais avec lui.

Croire ou ne pas croire en Dieu?

Ça prendrait un livre pour parler de cela. Mais je ne suis pas croyant. Je me pose des questions, mais j’ai un respect total pour les gens qui ont la foi. Moi, ma foi, elle est dans l’être humain, dans l’amour, la générosité, la communauté humaine.

Et Gregory Charles, il t'inspire?

Je sais qu’il y a des gens chez qui son talent tombe un peu sur les nerfs car il en fait beaucoup. Mais moi, j’ai beaucoup de respect pour lui.

Une bonne expérience de chanter en choeur que tu as eue dernièrement?

La Saint-Jean, il y a deux ans, avec le choeur de Gregory à Laval. Ça donne des frissons incroyables. C’est un cadeau.


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