Accueil Divertissement
 
JDM
Les Points Tournants - L’Écosse à La Licorne
Photo d'archives Le Journal de Montréal
David Savard et Maxime Dénommé sont de la distribution, avec Christine Beaulieu, de la pièce Les Points Tournants de l'Écossais Stephen Greenhorn.

LES POINTS TOURNANTS

L’Écosse à La Licorne

Benoît Aubin
22-02-2009 | 12h00

Écosse et Québec, même combat? Une pièce de théâtre, écrite par un jeune dramaturge écossais inconnu par ici, fait un tabac partout où elle passe au Québec depuis deux ans.

C'est sûr que c'est plus facile de remplir La Licorne que la Place des Arts, mais quand même. Les Points Tournants ont tenu pendant 36 soirs à guichets fermés au petit théâtre de la rue Papineau en 2006. Et les billets partent vite pour cette nouvelle série de représentations, du 24 février au 28 mars.

La pièce a tous les attributs du «jeune théâtre moderne» qui est la spécialité de la maison. Les noms au programme disent tout: traduction d'Olivier Choinière, mise en scène de Philippe Lambert, avec, en vedette, Maxime Dénommé, Christine Beaulieu et David Savard.

Les Points Tournants, c'est un «road movie» sur scène. Deux jeunes gars, pleins de vie et de fun mais un peu perdus et paumés, se déplacent, à bord d'un bazou fini, dans une aventure dont la finalité est assez vague, et a moins d'importance que les rencontres et les aventures qui se multiplient en chemin. La vie, quoi.

Quête du party

Ces jeunes «Écossais des régions» voyagent dans leur arrière-pays à eux, les Highlands du nord-ouest, comme, ici, on partirait un été pour planter des sapins dans l'Ungava ou faire du surf aux Îles de la Madeleine.

Même fuite libératrice, même recherche de sa vérité identitaire, même quête du party le soir venu. «La dramaturgie moderne de l'Irlande et de l'Écosse touche beaucoup aux préoccupations des jeunes Québécois», explique M. Pierre Brodeur, professeur de théâtre au Cégep Marie-Victorin.

«Elle montre des jeunes qui veulent rester fidèles à leur milieu, même s'il est parfois médiocre. Mais ces jeunes, en même temps, souffrent de se sentir éloignés des grands centres, de là où les choses se passent vraiment.»

Quête de soi

Dans la pièce de Stephen Greenhorn, les deux jeunes en cavale rencontrent une géologue canadienne qui travaille dans les Highlands. Elle les invite à un ceilidh, une fête traditionnelle écossaise, mais animée par un Français où on danse sur la musique de Johnny Cash…

La quête d'identité personnelle de ces jeunes hommes dans leur voyage tout croche débouche rapidement sur un questionnement plus vaste, avec lequel les Québécois sont très familiers: qu'est-ce que nous sommes, maintenant que nous ne sommes plus ce que nous étions?

Le succès de Les Points Tournants vient, en partie, de cette consolation que nous offre la pièce de Greenhorn: nous ne sommes pas les seuls à nous poser ce genre de questions.

haut