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THÉÂTRE

Allier volet éducatif et divertissement

Marc-André Boivin
17-02-2009 | 15h17

Le milieu du théâtre jeunesse a beaucoup évolué au fil des années. Des gymnases aux salles de spectacles, de l'aspect éducatif à celui du divertissement, un certain équilibre semble avoir été découvert. C’est sans doute au grand plaisir de bien des jeunes qui s'initient aujourd'hui à un art qui a su s'adapter et se marier aux nouvelles tendances.

«C'est vrai que l'on axait beaucoup sur la mission éducative au départ, mais de notre côté, nous avons choisi le parti pris du ludique. Les établissements scolaires et les familles se chargent d'éduquer, mais ça ne veut pas dire que nous souhaitons seulement divertir. Nous voulons aussi rendre les gens plus conscients en posant certaines questions qui vont se répercuter dans le public sans toujours offrir les réponses», confie Mme Jacqueline Gosselin, codirectrice artistique de la compagnie DynamO Théâtre.

«Le théâtre pour jeune public est une pratique qui a plus de 30 ans et c'est un art vivant alors, comme toutes les formes d'art, c'est normal qu'il ait évolué. C'est intéressant de nos jours parce qu'on intègre les nouvelles technologies dans les productions et il y a de plus en plus d'interaction entre les formes d'art», souligne pour sa part Louise Allaire, directrice artistique du Théâtre des Gros Becs à Québec, une organisation à la programmation des plus variées qui a pour mission de toucher toutes les tranches d'âge, de la petite enfance à l'adolescence.

Mme Allaire estime qu'il est possible d'éduquer les jeunes tout en leur offrant un divertissement qui vaut le déplacement.

«C'est vrai que Passe-Partout a donné naissance à une tendance basée sur l'éducation qui s'est étendue sur de nombreuses années, mais nous nous en sortons un peu. Je crois qu'il y a moyen de faire les deux. Depuis une quinzaine d'années, il y a eu beaucoup de changements», reprend Mme Allaire.

Brasser les jeunes

Louise Allaire ne cache pas qu'elle aime d'ailleurs bien brasser les ados. «J'aime aller jouer au niveau des émotions, dans le positif évidemment. Nous nous permettons d'échanger avec eux en plus, car il ne faut pas être bébête avec les jeunes. Ils sont surprenants, mais nous sous-estimons leur capacité de recevoir. Nous pouvons oser beaucoup avec le jeune public», soutient-elle.

Ginette Ferland, codirectrice générale de la compagnie de danse jeunesse Bouge de là, qui soulignera à la fin de l'année son dixième anniversaire, est du même avis que Mme Allaire : «Moi je suis de celles qui pensent que l'on peut être divertissant tout en suscitant la réflexion. Aux États-Unis, dès que l'on s'adresse aux jeunes, tout est carrément collé au curriculum scolaire, ce qui n'est pas comme ça chez nous.»

Mme Ferland prépare tout de même des outils pédagogiques destinés aux professeurs afin que ces derniers puissent se familiariser avec le spectacle auquel les jeunes vont assister. Disons que le tout peut aider pour répondre aux questions qui sont souvent nombreuses à la suite d'une représentation. Une belle façon aussi de susciter un échange sur ce que les élèves ont vu.

«Le spectacle Le Vieux Thomas et la petite fée qui est en tournée en ce moment au Québec est une adaptation du livre de Dominique Demers, alors j'offre aux professeurs une entrevue avec celle-ci qui parle de son ouvrage ainsi qu'une entrevue avec notre chorégraphe, Hélène Langevin, qui explique pourquoi elle a décidé d'adapter cette œuvre. Je peux proposer aussi un atelier pour l'enseignant et ses élèves», poursuit Mme Ferland qui précise de plus qu'au Québec, diffuseurs, producteurs et commissions scolaires font bon ménage.

Celle-ci se rappelle une époque un peu moins rose où les professeurs, en guise de moyens de pression, avaient décidé de boycotter les activités comme les spectacles, ce qui avait mis bien des troupes en péril.

Tournée en salles

Autre changement, les troupes font désormais des tournées dans des salles faisant partie du réseau professionnel, ce qui permet évidemment de s'attarder davantage au côté sonore, aux décors ou encore aux éclairages, chose plus difficile à faire dans une tournée de gymnase d'école, on s'entend.

«C'est effectivement plus raffiné parce que les salles offrent des conditions de représentation idéales et les créateurs peuvent aller beaucoup plus loin dans leur art», ajoute Louise Allaire.

«C'est important pour les jeunes de sortir de leur école. Ça leur fait du bien. Ils ont eux aussi droit à une qualité artistique et les compagnies ont elles aussi beaucoup travaillé dans ce sens-là. Nous générons des retombées étonnantes, mais malgré tout, nous sommes les enfants pauvres du théâtre. Ça n'empêche pas que nous travaillons toujours pour en donner encore plus et faire encore mieux afin de présenter des spectacles d'une grande qualité», mentionne de son côté Mme Gosselin.

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