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René Richard Cyr - Le polyvalent metteur en scène
© Le Journal de Montréal - Hugo-Sébastien Aubert

RENÉ RICHARD CYR

Le polyvalent metteur en scène

Claudia Larochelle
25-01-2009 | 04h00

Après Bob au Théâtre d’Aujourd’hui, René Richard Cyr revient à ses nouvelles amours, tout fringant, émerveillé et les tympans plus sensibles que jamais.

En mettant en scène Macbeth de Verdi, un opéra en quatre actes présenté à la fin du mois à la salle Wildrid-Pelletier, l’artiste défriche une nouvelle terre de création. «It’s another world. Tellement. Tellement. Tu ne peux pas t’imaginer», me lance d’emblée René Richard Cyr à la fin de la répétition d’une scène dans les catacombes de la Place des Arts. Depuis, il chante toutes les nuits dans son sommeil.

C’est curieux de le voir diriger, en anglais – il blague d’ailleurs ouvertement sur son accent prononcé – plus qu’en français, des chanteurs d’opéra que monsieur et madame Tout-le-monde ne connaissent probablement pas.

Il n’a que trois semaines pour diriger ces interprètes qui arrivent en connaissant déjà leur texte. Ne leur reste plus qu’à intégrer les bonnes intentions, à pratiquer leurs déplacements. Ça fait déjà un an et demi que l’opéra est en préparation. L’horaire est quasiment planifié à la minute près. «Il faut arriver hyper-préparé, il y a beaucoup de contraintes pour un metteur en scène.»

SA VIE PARALLÈLE

Le chanteur ne peut pas prendre n’importe quelle position, la musique doit coïncider avec les paroles et les gestes…

À l’opéra, le temps n’est pas élastique, pas question d’étirer un mouvement. La marge de manoeuvre s’avère mince pour le metteur en scène qui a l’habitude de diriger au théâtre où le corps de l’oeuvre est plus malléable.

«On n’a pas le temps d’explorer là! Il faut un souci d’efficacité, de la discipline et de la rigueur qui peuvent s’apparenter au tournage d’un film.»

Et puis, il faut attirer les gens à l’opéra, piquer leur curiosité et leur donner envie de revenir. En ce sens, cette troisième mise en scène de René Richard Cyr à l’Opéra de Montréal risque de ne pas sembler trop inconnue au commun des mortels qui ont pu en avoir un avant-goût mardi dernier lors du MégaMétrOpéra qui présentait des extraits du spectacle à la station de métro Berri-UQAM à l’heure de pointe.

FASCINANTE TYRANNIE

Dans Macbeth, opéra en quatre actes de Verdi d’après l’oeuvre de Shakespeare, des sorcières prédisent que Macbeth deviendra roi. Poussé par sa femme, il précipite son destin en assassinant lui-même le roi légitime…

«C’est un homme qui illustre tous les tyrans que le pouvoir corrompt. C’est une oeuvre magistrale, un opéra noir et rouge qui touche tout le monde, même s’il n’y a rien de drôle et de léger là-dedans», prévient le metteur en scène qui a essayé de moderniser l’oeuvre un tantinet et de faire ressortir la notion de tyrannie.

Que dire de la notion de polyvalence? La sienne est toujours étonnante. En plus de diriger près de 80 artistes dans cet opéra, l’acteur et metteur en scène s’attaque dans les prochains mois à L’Effet des rayons gamma sur les vieux garçons, Amadeus, L’Homme de la Mancha… «Mais je dors très bien», nous rassure-t-il.

  • Macbeth, opéra en quatre actes d’après le livret de Francesco Maria Piave d’après Shakespeare, mise en scène de René Richard Cyr, avec John Fanning, Michele Capalbo, Roger Honeywell et Brian McIntosh.
    À la salle Wilfrid-Pelletier du 31 janvier au 12 février.

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