INAUGURATIONMarie Chouinard confiante face à l'avenir de la cultureClaudia Larochelle Le Journal de Montréal 14-01-2009 | 10h04
«Je pense que la danse est effervescente. Chez nous, en tout cas, elle l'est beaucoup», a souligné dans les locaux qu'elle occupe depuis peu la fondatrice et chorégraphe Marie Chouinard. Malgré l'annonce, l'été dernier, des coupes fédérales dans la culture, la grande dame de la danse contemporaine préfère attendre les résultats du dépôt du ministre des Finances du Canada, Jim Flaherty, le 27 janvier, avant d'exprimer un sentiment de panique à l'égard de son milieu. «C'est certain que si les coupes deviennent effectives, ça pourrait nuire à nos tournées, mais on a des réseaux bien organisés partout, on réussira bien à trouver des solutions. C'est impossible qu'un pays puisse laisser tomber sa culture.» La récolte pour danserDans ses studios tout neufs qui abritaient en 1951 un centre culturel juif, puis dès 1967 des locaux de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, elle remerciait hier des donateurs privés ainsi que le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine et le ministère du Patrimoine canadien, les partenaires publics de la compagnie, qui donnaient respectivement en 2006 1,2 million de dollars et 768 000 $ pour les travaux de réfection de l'endroit et l'aménagement de la compagnie. Depuis juillet 2007, une vingtaine de danseurs peuvent désor mais répéter dans un espace créé par l'architecte Annie Lebel, de l'Atelier in situ, dans le studio Baryshnikov notamment, en l'honneur d'un interprète que Marie Chouinard admire. Une salle de méditation, une autre d'entraînement, des vestiaires, une cuisine, un second studio, une aire de repos et des bureaux épurés et vastes habitent aussi cet espace dynamique ces jours-ci. Prête à l'actionDeux spectacles y sont en préparation, dont un solo attendu en première mondiale à Montréal l'été prochain. Prélude à l'après-midi d'un faune, Le Sacre du printemps ainsi qu'Orphée et Eurydice s'en vont en tournée à l'étranger. Ce dernier ouvrira même le Festival Montréal en lumière, le 18 février. À travers ce bouillonnement dans cet espace épuré et lumineux, la chorégraphe décrit son état d'âme actuel comme étant «empreint de gratitude et de feu, prêt à l'action.» |