FAITS POUR S'AIMERLéger mais intelligent Claudia Larochelle Le Journal de Montréal 11-01-2009 | 11h54
Une peppermint rose, un suçon, de la gomme balloune aux raisins, un nounours suret... Faits pour s'aimer m'a mis tous ces goûts dans la bouche. Pour démarrer la saison théâtrale, c'est très agréable. Très agréable puisqu'on ne prend pas les spectateurs pour des caves, parce que le duo d'acteurs est convaincant, parce qu'on rigole et que malgré la très grande légèreté des propos, le résultat est tonifiant comme plusieurs comédies romantiques le sont au cinéma. Il s'agit d'abord et avant tout d'une histoire d'amour comme il s'en fait des milliers, d'autant plus qu'elle est improbable, miraculeuse, qu'elle «sauve» des petites âmes boiteuses, qu'elle commence mal et finit bien... Rien pour vous encourager, messieurs. Quoique vous reconnaîtrez peut-être quelques-unes de vos conquêtes féminines dans le personnage de Suzie Belleau, une actrice assurément intense, un gros brin déséquilibrée, tout de même émouvante et prête à s'humilier pour ne pas dormir seule.
Forte improbabilitéVous les avez balayées du revers de la main ? Pas Vito Di Stasio, un producteur de messages publicitaires en crise existentielle de mâle alpha qui résiste d'abord avant de succomber pour une durée indéterminée. Bien qu'il soit très peu crédible qu'un homme craque pour une femme qui cache ses vêtements dans sa maison pour être bien certaine qu'il ne parte pas et qui décore sa chambre comme une gamine de dix ans, après la pièce n'importe quel monsieur trouvera sa douce calme et posée... En plus de cet effet thérapeutique, Faits pour s'aimer, qui pousse justement un peu trop sur les nounouneries de la femme, met à l'avant-plan des acteurs complices jusque dans leurs moindres battements de cils. Henri Chassé et Danielle Proulx suivent le bal du metteur en scène Michel Poirier avec justesse et rythme, nous entraînent dans leur galère sans trop de mal, rendent presque sympathiques ces frustrés de l'amour qui mériteraient une bonne claque au visage. Et v'lan.
L'espoir bonbonOn accueille l'atmosphère féerique accentuée par les éclairages de Lucie Bazzo, on rigole lors de certains passages bien envoyés, et par-dessus tout, on tente de croire qu'il y a de l'espoir pour toutes les femmes un peu folles, pour les gars qui se prennent pour d'autres, et pour l'union de deux planètes aux antipodes.
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