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© Le Journal de Montréal - Martin Bouffard |
Mario Jean, le Gros Nounours, sort les griffes. |
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MARIO JEAN
Le retour du Gros Nounours
Agnès Gaudet
Journal de Montréal
22-11-2008 | 04h00
Au printemps, il y aura déjà trois ans
que Mario Jean a quitté la scène, après le
succès phénoménal de son troisième
spectacle, Simplement Mario Jean, qu’il a
présenté 440 fois de par la province. L’humoriste
revient avec un nouveau show
intitulé
Gros Nounours.
«J’ai joué (dans Nos Étés), j’ai fait de la
radio et on avait ben du plaisir. Mais
j’avais le goût de la scène, admet-il. La
scène, c’est ce qu’il y a de plus enivrant.»
Mario Jean a dû abandonner sa gang de
Rythme FM après les deux années prévues
au micro. Impossible pour lui de faire
les deux métiers à la fois, lui qui écrit
ses textes surtout de soir.
«En animant à la radio le matin, à deux
heures de l’après-midi je ne peux pas écrire,
dit-il. Je vois des pitons et les yeux me
collent ensemble, il faut que je dorme.
En temps normal, je suis un gars de soir.
Je peux écrire jusqu’à une heure du
matin. Je suis seul, c’est tranquille dans
la maison.»
MÉCHANTE TAPE
Ces nouveaux numéros, Mario les teste
«tranquillement pas vite» lors des
spectacles corpos qu’il présente, à raison
d’environ deux par mois. Après les fêtes,
il va commencer le réel rodage.
Déjà, l’humoriste a trouvé son titre, Gros
Nounours. Il l’a trouvé avec son gérant,
François Rozon, en cherchant à se définir
tel qu’il est.
«Je me suis demandé qui je suis, comment
j’écris, ce que j’ai envie de dire. On a
conclu que je suis un bon gars qui a une
approche naïve, un peu victime, dit-il, un
gros nounours.»
Le qualificatif de gros nounours, Mario
l’assume déjà depuis longtemps. À 43 ans,
même le mot «gros» est digéré, lui qui dit
peser cinq pieds, dix pouces et un demi
(«très important») et peser… trop.
À la maison, sa femme (elle se nomme
Nathalie Simard comme la chanteuse et
elle est sa muse) et ses deux fils savent
depuis toujours qu’il aime d’ailleurs cet
animal sauvage.
«J’aime l’ours noir. Il est tendre, mais
d’un autre côté, quand on l’approche trop,
on peut recevoir une méchante tape, ajoute
Mario en montrant l’intérieur de sa
propre grosse patte d’ours. Quand il est
tanné de se faire niaiser, il peut
grafigner.»
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Les billets du Gros Nounours, qui va
passer l’été à Sainte-Thérèse à compter
du 3 juillet, sont en vente dès aujourd’hui
samedi, «un placement sûr de 50 $ en
cette période d’incertitude», plaisante
Mario Jean.
Les bons
sujets ne
manquent
pas
Grafigner, c’est ce que
Mario Jean se promet dans
son prochain spectacle.
Mine de rien, en faisant rire,
le Gros Nounours passe de
sérieux messages. Avec ses
nouveaux numéros, il promet
d’être un peu plus incisif et de
nous brasser un peu.
L’humoriste plaisantera
notamment sur la politique de
notre pays: «On donne 20 $ à
notre ado et on se garroche pour
compter le change, dit-il, alors
qu’on donne notre salaire en
impôt sans rien faire. On devrait
s’impliquer plus, instaurer le
service politique obligatoire.»
Mario traite aussi de la vie de
couple et de la sexualité. «Je
suis dépassé, c’est quasiment
pas des jokes, dit-il. Aujourd’hui,
il y a les échangistes, la
porno, les jeunes filles qui font
des pipes. Je suis pus capable
de suivre.»
Père de deux fils de 14 et 10
ans, il présente inévitablement
un numéro sur les ados. «Je suggère
de consulter le document
(fictif) officiel du CLSC Comment
comprendre votre ado.»
Dans un numéro un peu plus
complexe techniquement,
Mario, dans le décor d’un
théâtre de marionnettes fera la
leçon aux gens qui boivent et
conduisent leur voiture. «Ils
agissent comme des enfants,
alors on va leur parler comme
à des enfants», ironise-t-il.
COUP DE SANG NEUF
Les sujets ne manquent pas à
Mario Jean. Il les déniche en
lisant le journal et en écoutant
les nouvelles à la télé. «C’est
aberrant le nombre de bons
sujets, constate-t-il. Moi, je
regarde ça comme un bon nounours
de la société et je me dis
qu’il doit y avoir plein d’autres
nounours qui pensent la même
chose.»
On retrouvera Mario Jean
dans Gros Nounours surtout
en stand-up. Il monte son spectacle
«comme je le sens» et se
laisse le droit de tout modifier.
Bientôt, il s’adjoindra une nouvelle
équipe de jeunes auteurs
pour donner un coup de sang
neuf à son matériel.
«Je suis un gros nounours,
conclut-il, lui qui n’a jamais été
controversé. Je suis sécurisant.
Probablement parce que mes préoccupations
restent proches de
moi et que je vis bien quand mes
pieds ne lèvent pas de terre.»
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