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Montréal - Les trésors du Titanic
©Canoë/Sira Chayer
Une maquette du célèbre Titanic pour l'exposition présenté au Centre Eaton de Montréal.

MONTRÉAL

Les trésors du Titanic

Julie Roy
Journal de Montréal
06-11-2008 | 10h48
Pour la première fois, les vrais trésors du Titanic débarquent à Montréal. À compter du 11 novembre, au Centre Eaton, les visiteurs auront la chance de prendre connaissance de l'histoire complète de ce célèbre bateau que l'on appelait à l'époque l'insubmersible.

Avant d'entreprendre la visite, chaque personne se voit remettre une carte d'embarquement qui lui permettra de se mettre véritablement dans la peau de l'un des 2228 passagers qui ont entrepris cette traversée tragique. Une façon, selon Serge Grimaux, producteur de l'exposition, d'ajouter de l'interaction à cette visite. «Je ne voulais pas que ce soit statique. Je veux que les gens se sentent comme s'ils étaient de véritables passagers du Titanic.»

De sa construction, en 1909, sur les chantiers navals de Harland et Wolff, en Irlande, le public sera amené à parcourir, dans des décors reconstruits et parmi de véritables objets récupérés de l'épave, les différents visages de ce chef-d'oeuvre technologique du début du XXe siècle.

Les visiteurs pourraient avoir tout un choc en apercevant le luxe qui ornait les cabines de première classe. Pas étonnant lorsque l'on sait qu'un billet coûtait à la base 4350 $, soit l'équivalent aujourd'hui de 50 000 $. Différents personnages appartenant à cette classe sociale qui ont trouvé la mort et la représentation du célèbre escalier figurent aussi parmi les découvertes à ne pas manquer.

Toutefois, ce qui surprend le plus, c'est de découvrir la ségrégation qui sévissait à l'intérieur même du bateau. «Il était impossible pour les gens de la troisième classe d'avoir accès au niveau supérieur.»

Le rôle et la façon dont vivaient les employés sont aussi des éléments intéressants de cette visite. D'ailleurs, l'exposition propose une représentation des immenses chaudières à charbon qui servaient à alimenter le bateau. Ce qui touche toutefois, c'est de voir les visages, accrochés sur un mur, de quelques-uns de ces travailleurs, car il faut savoir que la plupart des employés ont péri dans ce naufrage.

Une plongée au coeur de l'épave

La visite se termine avec les opérations qui ont permis la récupération de près de 6000 objets ; l'exposition en présente près de 300.

Lors de l'inauguration de cette exposition, l'un des explorateurs du Titanic, le Français Paul-Henry Nargeolet, était d'ailleurs sur place. Lui qui a fait 30 des 125 plongées a raconté que l'exploration du Titanic est quelque chose de très particulier, de quasiment mythique. «C'est beau-coup d'émotion. On connaît l'histoire des gens qui ont péri et lorsque l'on trouve un objet, c'est toujours très particulier.»

À 62 ans, il ne songe pas arrêter de plonger et il entend bien redescendre à 3800 mètres de profondeur pour revoir et ressortir les vestiges qui dorment encore au fond des mers. «Je vais y retourner d'ici 2012. Il y a encore des milliers et des milliers d'objets dans le fond de l'eau. Nous en avons sorti 10 % seulement.»

L'explorateur est très heureux de revoir certains objets qu'il a sortis de l'eau, dont certains il y a plus de 20 ans. «Ça me fait plaisir de savoir que les gens ont un intérêt pour le Titanic. Garder chez moi ces objets sur ma cheminée ne servirait à rien. Il faut que le public puisse les admirer pour ne pas oublier cette tragédie.»

LE DRAME DU TITANIC

  • Même si les 20 canots de sauvetage avaient été remplis à craquer, seules 1178 personnes auraient pu y prendre place.
  • Une trentaine de personnes avaient comme destination finale Montréal. Parmi elles, Harry Markland Molson, de la brasserie Molson. Avant de périr à bord du Titanic, il avait déjà survécu à deux naufrages.
  • Il n'y avait aucune chambre numérotée 13 sur le paquebot. Cette traversée inaugurale du Titanic devait être la dernière du capitaine Smith, qui devait prendre sa retraite après la traversée.
  • Il ne reste plus qu'une seule survivante encore en vie aujourd'hui. Il s'agit d'Eliza Gladys Milvina Dean, qui avait à l'époque 2 mois et 13 jours. Elle était la passagère la plus jeune du bateau. Elle vit aujourd'hui en Angleterre.
  • Le journaliste William T. Stead, qui a péri dans le naufrage, avait écrit de nombreux articles prédisant un désastre maritime si jamais les navires continuaient à partir en mer sans un nombre suffisant de canots de sauvetage.

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