HUMOURLes avis sont partagés David Patry Journal de Montréal 22-10-2008 | 11h03
«Les humoristes ne changent pas la société. Ils rendent compte des changements dans la société», estime le professeur au département de lettres et communication sociale de l'UQTR Yvon Laplante. «Le rire ne suffit pas à lui-même, ajoute l'historien spécialiste de l'humour Robert Aird. Si l'humoriste est révolutionnaire, c'est qu'il s'inscrit dans un mouvement révolutionnaire.» Pourtant, autant Yvon Deschamps que Boucar Diouf sont d'avis qu'ils ont un impact sur la société. «Les humoristes ne se lèvent pas pour dire: Allez, on va faire la révolution», affirme Boucar Diouf. Celui-ci estime qu'ils changent les perspectives des gens et contribuent donc à changer le monde. «André Sauvé et Rachid Badouri, par exemple, ils font de l'humour de raccommodement», affirme Boucar Diouf, faisant référence au débat sur les accommodements raisonnables. «Les humoristes doivent aussi être des acteurs de changements», a-t-il ajouté, s'attirant les applaudissements des jeunes humoristes en devenir qui assistaient à l'échange. «Je ne sais pas si on change le monde ou bien si on fait partie d'un courant, a analysé Yvon Deschamps, mais les gens viennent s'identifier à nous. «Ils viennent se voir et s'entendre», ajoute-t-il, comparant les humoristes aux chansonniers d'autrefois. Humoristes et experts s'entendaient toutefois sur une chose: les fous du roi ont un rôle social à jouer, qu'ils soient des acteurs ou des miroirs du changement. |