LES PARLEMENTERIESGâtés par les politiciensMarie-Joëlle Parent Journal de Montréal 18-10-2008 | 04h00
Pour les humoristes, l’actualité des dernières semaines est un véritable buffet. Le retour des Parlementeries après 11 ans d’absence ne pouvait mieux tomber. Petit café de la rue Ontario dans l’est de Montréal. Le genre de restaurant investi par les politiciens pour serrer des mains. En ce mardi matin, les lieux sont vides, les électeurs sont tous aux urnes. Daniel Lemire, Yvon Deschamps, Pierrette Robitaille et Pierre Légaré font leur entrée. Assis à une table: quatre bonzes de l’humour québécois, prêts à débattre à l’Assemblée nationale… au Théâtre St-Denis. À LIRE AUSSI
LES PARLEMENTERIES
«Je l’aime, moi, Pauline!» dit-elle. Juste pour rire a caché le nom de Pierrette jusqu’à la dernière minute. Un peu comme John McCain qui a présenté au monde entier sa bombe Sarah Palin, dans un spectacle bien orchestré. Yvon s’empresse de commander un café et une assiette de toasts qu’il décortique, Pierre Légaré boit un grand jus de fruits et Lemire un simple verre d’eau. Pas compliqué, notre premier ministre. Ça parle politique. Évidemment, le sujet est dans l’air. On dirait presque la version loufoque du dernier débat des chefs. Pierre Légaré n’est pas allé voter et n’essayez pas de lui faire changer d’idée. «Quand on a un dossier criminel, on ne vote pas!» lui lance Lemire.
COMMISSION BOUCHER-TALLEURAutour de la table, une armée de relationnistes donnent leurs directives aux humoristes. «Ne dévoilez QUE le nom de vos députés, PAS leur fonction.» L’information est contrôlée comme pour les vrais politiciens! On garde les surprises pour la première le 28 octobre. Pierrette Robitaille peut compter sur une équipe essentiellement masculine avec Mario Jean, Guy Nantel et Sylvain Larocque comme députés. «On ne fait qu’un!» blague-t-elle. Et son slogan? «Notre nous est inclusif!» lui propose Yvon, dans un clin d’oeil à Pauline Marois. Dans le camp d’Yvon, alias le chef de l’Action démagogique du Québec, on compte André Sauvé comme député. Daniel Lemire, qui était chef de l’opposition en 1994, devient cette fois premier ministre et chef du Parti misérable du Québec. Ses ministres: Boucar Diouf, Cathy Gauthier, Jean-François Mercier et Laurent Paquin. Ne reste que Pierre Légaré, grand idéateur de ces Parlementeries, qui s’assoira sur le trône, celui de président de l’Assemblée. Il se fait un plaisir de rappeler que leur retour a été annoncé bien avant que Stephen Harper lance ses élections. C’est à se demander qui contrôle l’agenda démocratique! Après onze ans d’absence, Les Parlementeries suscitent déjà l’engouement, les billets des six représentations sont presque tous vendus. Aucune supplémentaire n’est prévue, étant donné l’agenda chargé de ses têtes d’affiche, mais rassurez-vous, un DVD sortira à Noël.
Leurs préférésDaniel Lemire: «J’écoute pas mal de débats ces jours-ci et j’aime bien Serge Ménard. Il n’a pas la langue de bois, il est droit, et j’aime bien comment il a agi dans le dossier des motards.» Yvon Deschamps, après plusieurs secondes de réflexion: «Est-ce que je peux choisir dans le monde? Ça serait plus facile. Ou bien parmi les politiciens morts? C’est sûr que ça serait Obama, il a l’air plus intelligent. C’est sûr que les autres ne sont pas difficiles à battre! Il ne peut être pire que Bush et Reagan.» Pierrette Robitaille: «Câline… j’espérais que tu m’oublies. Je trouve ça difficile, j’en fais pas de politique, moi, je ne suis pas bonne pantoute. Ceux qui font de la politique, je vois ça comme un mystère. Comment ils font pour gérer un pays? C’est un investissement incroyable.» Pierre Légaré: «J’te dirais que c’est la personne qui va chercher le respect de ses opposants, un peu comme René Lévesque a fait. J’aime aussi Louise Harel, Lisa Frulla et Roosevelt.»
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