JOURNÉES DE LA CULTUREPied de nez au gouvernement HarperMarc-André Boivin 29-09-2008 | 22h38
On ne le dira pas tout haut, mais l’achalandage connu au cours de la dernière fin de semaine pourrait prendre l’allure d’un beau pied au gouvernement Harper qui veut retirer des millions aux artistes, sans oublier l’opinion publique qui, elle, pourrait changer. «On parle beaucoup, par les temps qui courent, des gens ordinaires et de leur réticence face aux revendications des artistes dans le dossier du financement de la culture, mais ce sont ces mêmes gens ordinaires qui ont participé aux Journées de la culture en fin de semaine dernière et il y a en eu beaucoup. Il faut comprendre que les Journées ne sont pas présentées dans un climat de confrontation, au contraire, ce n’est pas dans l’esprit de l’événement, mais j’ai vu bien des gens en profiter pour donner leur appui aux artistes et artisans», confie le comédien Jack Robitaille, porte-parole des Journées de la culture pour la région de Québec. L’identité d’un peuple «C’est une bonne nouvelle de voir que les gens ont participé et aux activités. L’activité culturelle, souvent, nous tenons ça pour acquis. Nous avons l’impression que ça arrive tout seul. Les gens s’assoient devant la télé pour regarder leur téléroman favori en croyant que c’est gratuit, mais la campagne électorale nous démontre bien que ce n’est pas le cas», reprend M. Robitaille tout en soulignant qu’il est vraiment important de continuer à financer la culture, un domaine qui touche directement l’identité de notre peuple, au même titre qu’on le fait pour les soins de santé ou encore, pour l’éducation. Andrée Pelletier, coordonnatrice des Journées de la culture dans plusieurs coins du Québec, estime elle aussi que l’opinion populaire est effectivement en train de changer à ce sujet. «J’aurais aimé que des politiciens voient ça. Ils auraient constaté comment la culture nous nourrit et comment ça fait du bien. J’ai entendu ça partout en fin de semaine. Il y a bien des gens qui ont pris conscience que leurs voisins ou encore, des gens dans la communauté étaient des artistes et ils sont fiers de ça», affirme Mme Pelletier. «Nous constatons que la culture est importante dans nos vies, autant pour les consommateurs que pour les artistes. Il faut ainsi encourager la création et la diversité pour créer un monde meilleur et j’ai l’impression que de plus en plus de gens s’en préoccupent», ajoute-t-elle en précisant que le 400e de Québec est un bon exemple de ce que peut apporter la culture sous l’angle des retombées sociales et économiques. |