COUPES D'OTTAWALa riposte s'en vientCaroline Roy Le Journal de Montréal 20-08-2008 | 10h47
Le président de Culture Montréal, Simon Brault, multiplie les appels depuis que le fédéral a aboli sept programmes de soutien en culture, il y a une dizaine de jours. Son but? Mobiliser le plus de gens du milieu culturel, dont plusieurs personnalités artistiques connues du grand public. «Pour être plus spectaculaires et plus visibles, nous avons aussi besoin de personnalités connues des citoyens. Ce sont elles, après tout, qui jugent les actions du gouvernement et qui se prononcent lors des élections», dit M. Brault. Semaine prochaine Culture Montréal, qui réunit 800 acteurs du milieu culturel montréalais, tente donc d'organiser un événement ou une manifestation d'envergure d'ici la semaine prochaine. «Une mobilisation nationale qui aurait lieu à Ottawa ou une action dans chacune des villes, ça fait partie de nos discussions», explique M. Brault. «On veut un événement où les gens pourront expliquer les effets négatifs des coupes sur leur organisme et, surtout, des artistes qui pourront raconter le succès obtenu grâce aux programmes aujourd'hui abolis.» Objectif réussi Rappelons que la semaine dernière, on apprenait qu'Ottawa abolissait sept programmes d'aide en culture, privant les artistes canadiens de 23 millions de dollars. Simon Brault est satisfait des premières réactions, qui ont fait les manchettes la semaine passée, lorsque l'on a appris l'abolition des programmes. «Notre premier objectif était de nous assurer que les coupes ne passeraient pas comme lettre à la poste. La vague de protestations que l'on a entendue souligne que ce ne sont pas juste les artistes qui sont touchés, mais aussi les villes et leur économie», dit-il. M. Brault souhaite maintenant passer à une vitesse supérieure. «On veut que le milieu de la culture s'exprime encore plus. On travaille là-dessus», dit-il. Ce dernier estime qu'il faut aussi interpeller le grand public dans la mesure où des élections pourraient avoir lieu cet automne. Il se dit aussi prêt à trouver des solutions en discutant avec les conservateurs. «Ce serait intolérable que le gouvernement n'ait pas de solution de remplacement, mais il faudrait qu'on le sache bientôt. Montréal ne peut pas rester une métropole culturelle sans l'aide des gouvernements. Et les artistes ne dépendent pas juste du marché local, mais de leur rayonnement à l'étranger», dit-il. Parmi les programmes abolis, on retrouve deux fonds de soutien aux tournées à l'étranger des artistes, soit Prom'Art (4,7 M$) et Routes commerciales (9 M$). |