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Budget - Nouvelle coupe en culture
© Le Journal de Montréal
L’Institut national de l’image et du son perd près de 25 % de son financement en raison des compressions budgétaires d’Ottawa.

BUDGET

Nouvelle coupe en culture

Caroline Roy
Le Journal de Montréal
13-08-2008 | 09h20
Après l'abolition de l'aide aux artistes en tournée, le gouvernement conservateur coupe encore en culture. Cette fois, ce sont les futurs producteurs, réalisateurs et scénaristes qui risquent d'être pénalisés.

L'Institut national de l'image et du son (INIS) a appris la nouvelle vendredi après-midi. Sans crier gare, Patrimoine Canada a décidé d'abolir son programme à la formation dans le secteur du film et de la vidéo.

Du coup, l'INIS perd près de 900 000 $ en financement annuel pour offrir de la formation aux aspirants producteurs, réalisateurs et scénaristes en cinéma et télévision.

«Ces coupes représentent de 20 à 25% de notre budget annuel de quatre millions de dollars», explique Jean Hamel, directeur des communications à l'INIS.

Mis à part l'INIS, trois autres écoles de cinéma et de télévision, à Toronto, Winnipeg et Ottawa, sont touchées par l'abolition de ce programme fédéral doté d'une enveloppe de 2,5 M$.

«Hélas! on ne s'attendait pas à cette nouvelle- là. Ça a assommé tout le monde ici. Aujourd'hui, ce n'est pas évident de trouver un plan B», dit André Monette, directeur du programme de formation en télévision à l'INIS.

Pour assurer son financement, outre l'aide du fédéral, l'INIS reçoit aussi près de un million de dollars du ministère de la Culture du Québec ainsi que des dons privés et diverses contributions.

Les raisons?

Fondé dans les années 1990, l'INIS compte plusieurs professeurs reconnus, dont Janette Bertrand, Denis Bernard et Denis Chouinard. Sans compter son conseil d'administration, qui comprend entre autres le président Pierre Roy, des chaînes télé Astral, le producteur de Zone 3 Michel Bissonnette et le président d'Alliance Atlantis Vivafilm, Patrick Roy.

Tout ce beau monde entend profiter des prochaines semaines pour trouver une solution de rechange au programme aboli.

«Nous tentons d'obtenir plus d'information sur les raisons qui ont motivé cette décision et sur les solutions envisagées par le ministère du Patrimoine. Mais la plupart des intervenants clés sont encore en vacances», indique M. Hamel.

Le critique libéral en matière de patrimoine canadien, Denis Coderre, classe cette nouvelle coupe des conservateurs dans la même lignée que le projet de loi C-10, qui ouvre la porte à la censure au cinéma.

«C'est tellement inacceptable et choquant de couper dans la formation de la relève en culture!» dit Denis Coderre.

Nouvelles priorités

De son côté, Patrimoine Canada réplique qu'il existe plusieurs écoles de formation en télé et en cinéma au pays et que les priorités ont changé.

«Les programmes touchés ont soit atteint leurs objectifs originaux, soit d'autres organismes offrent un soutien ou une formation comparable», a indiqué Patrimoine Canada dans sa réponse par courriel.

Vendredi, on apprenait aussi qu'Ottawa ne subventionnera plus les tournées des artistes canadiens à l'étranger. Le fédéral a coupé deux programmes qui jouaient ce rôle, soit PromArt, doté d'un budget de 4,7 M$, et Routes commerciales (9 M$).

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