ALEXANDRE MAURAISShakespeare revisité par des clownsJean-Louis Fortin Journal de Montréal 10-08-2008 | 04h01
À Espace Libre, on le verra dans King Lear contre-attaque, un amalgame de grandes oeuvres de Shakespeare revisitées par des clowns. «Cette pièce, ça remonte à un trip de gang du temps du Conservatoire de théâtre de Québec, d’où j’ai obtenu mon diplôme en 2002», raconte Alexandre Morais, attablé dans un café de l’avenue du Mont-Royal. Avec le metteur en scène Jacques Laroche, les six comédiens qui ont imaginé la production à ses débuts sur scène, il y a six ans, reprendront King Lear contre-attaque à compter du 28 août. Une production créée initialement avec des moyens réduits, pour une petite salle. «Il s’agit d’un amalgame de plusieurs oeuvres de Shakespeare. Othello, principalement, et aussi Desdémone, Lago, Hamlet, Puck et, bien sûr, King Lear. C’est une comédie dramatique qui présente un point de vue sur son oeuvre. On revisite l’auteur par le biais de ses pièces marquantes, en quelque sorte», explique le jeune comédien. DRAMATURGE ET CLOWN À LA FOIS «Shakespeare, au fond, était un grand dramaturge qui a toujours voulu être comique. Le thème du clown est donc très présent, tout comme ceux du rire, de l’enfance, de la folie. Même si ce sont souvent des sujets qu’on associe à l’enfance, il s’agit d’un spectacle pour un public adulte ou adolescent», précise Alexandre Morais. «C’est certain que les gens qui sont déjà familiers avec l’oeuvre de Shakespeare, ceux qui ont déjà vu Othello, par exemple, vous adorer. Mais ceux qui ne connaissent pas le dramaturge vont également s’amuser et découvrir son oeuvre», ajoute-t-il à propos du spectacle. Sur scène, les six comédiens seront déguisés en personnages fantaisistes. Un cow-boy, un chat, un matelot, un cuisinier, une princesse et un homme de Cro- Magnon. «En plus du jeu, il y aura aussi de la danse et du chant», promet le comédien. CALMER SON JEU Alexandre Morais anticipe ce retour sur les planches avec enthousiasme, lui qui n’avait pas mis les pieds sur une scène de théâtre en trois ans. «Le théâtre, c’est une dose d’adrénaline unique qu’on ne retrouve pas à la télévision parce qu’on le fait en temps réel, en une seule prise», explique-t-il. De son propre aveu, il a vu son jeu évoluer avec son expérience télévisuelle à VRAK.TV. «Lorsque je suis sorti du Conservatoire de théâtre, en 2002, j’étais un comédien très énergique, j’avais tendance à prendre beaucoup de place sur scène. Quand je suis passé à la télévision, j’ai eu tout un choc parce que le jeu est plus subtil, tout en nuances. Ça m’a calmé!» raconte-t-il. «Passer d’un extrême à l’autre a fait de moi un meilleur comédien, et pour mon retour au théâtre, je crois qu’il y aura plus de nuances dans mon jeu», explique Alexandre Morais, qui reprendra sous peu les tournages d’Il était une fois dans le trouble, dont les nouveaux épisodes seront diffusés dès septembre.
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