SNACK-BAR CHEZ BENLes rêves brisésJean-Louis Fortin Journal de Montréal 10-08-2008 | 04h00
La pièce que Chantal Lamarre a traduite et adaptée pour le théâtre d’été provient d’un texte de Sam Bobrick et de Ron Clark. «C’est drôle, parce que chaque fois que je lis les pièces de Sam Bobrick, je reconnais mon chum (Michel Laperrière, qui joue le rôle de Benoît) dans ses personnages», raconte-t-elle au bout du fil. «Lorsque j’ai lu la pièce dans sa version originale, j’ai trouvé les péripéties très intéressantes et les personnages captivants. Je me suis demandé comment coller le récit à la réalité du Québec. J’ai donc pris comme toile de fond l’année 1967 et l’éternel projet de prolongement de l’autoroute 30», explique celle qui est aussi comédienne et animatrice. L’histoire met en scène Benoît (joué par Michel Laperrière), un homme en quête de succès financier qui ouvre un petit snack-bar sur la Rive-Sud de Montréal. Sa femme, Mado (Pierrette Robitaille), malheureusement, ne partage pas ses idées de grandeur. Débarque alors Shirley (Tammy Verge), une jeune femme naïve venant de la campagne qui rêve de la grande ville et de la célébrité. C’est une pièce sur les rêves que l’on poursuit et le destin qui nous attend. L’ÉTERNEL PROLONGEMENT DE LA 30 «Benoît est un personnage très américain, habité par son rêve de réussite financière. Et lorsque ses projets ne marchent pas, il se tourne vers le bon Dieu pour avoir des réponses», explique Chantal Lamarre. «Malheureusement, il n’est pas très visionnaire, parce qu’il comptait, en ouvrant son commerce en forme de hamburger, sur la construction de l’autoroute 30 pour lui apporter des clients. Force est de constater que ses projets tombent à l’eau, poursuit-elle. «D’ailleurs, nous sommes aujourd’hui en 2008 et l’autoroute n’est toujours pas terminée, s’empresse-t-elle d’ajouter avec le sourire. Faut-il voir dans le choix du contexte de la pièce un message de Chantal Lamarre aux autorités politiques pour qu’ils accélèrent la cadence du projet? «Disons qu’il ne vient pas beaucoup de ministres par ici», commente-t-elle. Il faut dire que le prolongement de la 30 et son éventuel pont sur le fleuve, près de Pointe-des-Cascades, faciliteraient beaucoup l’accès au Théâtre des Cascades pour les résidents de la Rive-Sud de Montréal. LIBRE COURS AUX ÉMOTIONS Chantal Lamarre espère pouvoir toucher les gens avec son adaptation de la pièce. «Évidemment, c’est une comédie, mais on part avec l’intention de laisser une place à la sensibilité et aux émotions. Les gens qui ont connu les années 60 vont se reconnaître dans les mises en situation», explique-t-elle. «En plus, je pense que c’est une pièce très intéressante pour les acteurs, parce qu’ils doivent jouer trois étapes de la vie de leur personnage, et donc évoluer avec eux», conclut Chantal Lamarre.
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