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Les Grands Feux Loto-Québec - Le Canada voit ses éclats éclaboussés!
© Canoë/Olivier Artis
Le Canada a joué la carte de la différence avec ses effets originaux.

LES GRANDS FEUX LOTO-QUÉBEC

Le Canada voit ses éclats éclaboussés!

Olivier Artis
03-08-2008 | 09h05

Le Canada, champion l’an dernier, a fait les frais, hier soir, de la météo aux Grands Feux Loto-Québec. Les nuages ont gardé pour eux nombre de feux d’artifice, cachant ainsi une bonne partie du spectacle. Celui-ci a tout de même brillé par l’originalité de ses effets qui ont fini… sous la pluie.

Le concepteur québécois Yannick Roy, de Royal Pyrotechnie, avait prévenu, il comptait montrer tout son talent à la population de Québec qui fête son 400e anniversaire. Il a tenu parole d’entrée de jeu, avec la séquence préliminaire de six minutes, consacrée à la Vieille Capitale, sur la musique thème des festivités. Les bombes sont parties du bas du Parc de la Chute-Montmorency, non pas vers le ciel, mais à l’horizontal, atterrissant ainsi dans l’eau de la rivière.

Fumée

Des fontaines multicolores intensifient le rythme rapidement, faisant penser à de petits volcans en éruption. Des boules de feu virevoltent, le tout dans une pétarade, puis écran blanc! La fumée ne s’évacue plus, l’atmosphère très humide donne raison au plafond nuageux particulièrement bas, sans parler du vent qui s’est calmé quelques minutes avant le spectacle. Une pause s’impose pour apercevoir la chute.

«Quand on se mêle aux étoiles» peut enfin débuter sous une pluie d’étoiles qui jaillissent de bouquets argentés et violets. Les fontaines reviennent sous diverses formes, cette fois-ci en tourbillonnant, sur des airs de musique de films, comme Pirate des Caraïbes. Quelques cercles qui recèlent des bouquets éclatent et partent en poussière. Le concepteur s’approche de la haute couture, avec précision, lui qui se présente comme designer du ciel. Il alterne la finesse avec l’imposant, des bombes partent dans tous les sens, alors que d’autres finissent comme des serpentins. Tout un anniversaire!

Pluie

La fête n’est pas terminée, des fusées vertes et rouges jaillissent en quantité, occupant toute la cascade. Le pont qui la surplombe s’est alors illuminé par des feux d’artifice qui plongent dans l’eau. Du déjà-vu, mais effet garanti, avec une musique zen en prime. Rebelote, un écran de fumée cache le spectacle, offrant aux 14 500 personnes présentes le son sans l’image. Arrêt obligatoire! Les forces de la nature n’ont pas dit leur dernier mot, elles aspergent tout ce beau monde d’une pluie fatidique. Des centaines de spectateurs quittent alors les lieux.

Originalité

À la reprise, des fusées sont lancées dans différentes directions, se croisant et zigzagants. Certaines sont projetées d’un côté à l’autre de la chute, tel un combat entre deux camps. Rarement utilisé, un effet de foudre inversée, partant du sol, complète la touche d’originalité. Enfin, la dernière fontaine mise en scène par l’équipe canadienne s’apparente à une lance de pompier, sauf qu’il n’en sort pas d’eau, mais des effets multicolores. Des applaudissements retentissent pour ce passage.

Nous connaissons la chanson, la fumée ne peut se disperser, la représentation est interrompue juste avant le bouquet final. Coup de grâce, une marrée humaine se dirige alors vers la sortie. Ceux qui restent voient très peu de chose, trop de bombes sont lancées en même temps, laissant un écran blanc. Toutefois, ce n’est pas un drame, selon les spectateurs, bien que forcément déçus.

«C’était très beau, mais je suis désolée de tous ces nuages et cette fumée. J’ai tout de même vu à travers, c’était comme les sapins illuminés à Noël. Ça représentait bien le Canada et la musique était merveilleuse. Nous avons manqué la merveille, mais ça valait la peine de se déplacer», confie Suzanne Girouard, de Victoriaville, venue spécialement pour Les Grands Feux. Elle assistera, mercredi prochain, à la finale qui fêtera la vieille dame de 400 ans. L’équipe gagnante sera dévoilée à ce moment-là.

Le Canada n’est pas le premier à connaître de mauvaises conditions météo, l’Australie a eu son spectacle complètement gâché, le 19 juillet dernier, en l’absence de vent.

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