DANS LES COULISSES DE LADIES ET GENTLEMENUne ambiance de franche camaraderieMarie-France-Lou Lemay Le Journal de Montréal 02-08-2008 | 04h00
Nous sommes samedi soir, dernier jour de travail pour les acteurs, qui sont sur scène du mercredi au samedi. Les huit comédiens de la pièce arrivent à la salle vers 19 heures, soit environ une heure et demie avant le début de la représentation. À l’arrivée des représentants du cahier Week-end, un peu avant 19h30, ils sont tous présents. Certains se réunissent parfois derrière le théâtre pour discuter de leur journée, mais comme la pluie a mouillé la terrasse improvisée, ils sont à l’intérieur, en plein processus de préparation. En coulisses, il règne une ambiance de camaraderie; les comédiens s’amusent et se taquinent. «C’est un show rassembleur, c’est très déjanté», indique avant le début de la soirée le producteur et comédien Jean-Bernard Hébert (René Lévesque II), qui interprète Doc dans Ladies et Gentlemen. VÉRITABLE MARATHON Certains auront chaud, très chaud en cette soirée humide, ils devront compter sur l’aide de leurs collègues pour mettre leurs costumes. Entre deux scènes, ils se taquineront. Ils auront du plaisir à s’amuser devant le public. Pendant un peu plus de deux heures, les comédiens de la pièce Ladies et Gentlemen vivent un véritable marathon. Ils doivent tous subir de nombreux changements de costume. «C’est un entraînement. J’ai chaud durant la pièce», dit Marie-France Lambert (Vice caché et Annie et ses Hommes) en buvant du thé vert… quelques minutes avant le début de la pièce. Elle joue Meg, une nièce de la richissime Florence Schneider, jouée par Janine Sutto. Les gars et les filles sont dans leur loge avant de se lancer sur scène. ADDICT AU JEU Les comédiens expliquent qu’ils accordent autant d’importance au jeu du théâtre d’été qu’à celui des pièces présentées le reste de la saison. « Il y a de bonnes pièces d’été et de mauvaises pièces, comme l’hiver, lance Janine Sutto. Généralement, les pièces d’été sont plus légères. Les gens ont le goût de voir ça. Ils ont envie de rire. » Janine Sutto ne compte plus les pièces dans lesquelles elle a joué. « J’ai fait ça toute ma vie, dit-elle, en appliquant du crayon noir sous ses yeux. Pour un comédien, c’est intéressant, puisqu’à Montréal, on n’a jamais l’occasion de jouer autant. » «On est addict au jeu, on aime ça, jouer. Quand tu es acteur, il faut que tu joues», lance Valérie Blais (Tout sur moi), qui interprète Audrey, une jeune fille qui n’a pas la langue dans sa poche.
Un tango frénétiqueIl n’y a pas que des pommiers sur le mont Rougemont. Sa luxuriante verdure cache un théâtre d’été où les comédiens prennent un plaisir fou à jouer. 19 h 30 - La loge des femmes Valérie Blais, Marie-France Lambert et Janine Sutto se maquillent. Chaque soir de représentation, elles appliquent ellesmêmes leur fond de teint, leur fard à joue et leur ombre à paupières. «On fait ce qu’on peut, lance Marie-France Lambert en riant. Mais j’aime me maquiller, ça fait partie du processus.» Assise dans un coin de la loge, Lise Grenier, costumière, lavandière, bref, femme à tout faire, répare la robe de Valérie Blais. Le vêtement, fait avec un tissu comprenant de petits trous, a été abîmé. En plus de raccommoder les vêtements, Lise Grenier donne aussi un coup de main aux comédiens dans leurs nombreux changements de costume. Antoine Vézina et Stéphane Breton en ont 14 en tout.
20 heures - La loge des hommes Le régisseur Paul Harvey vient dans la loge avertir les comédiens. Il ne reste qu’une demi-heure avant le début de la pièce. Les deux acteurs qui interpréteront des femmes, Stéphane Breton et Antoine Vézina, prennent un soin fou à terminer leur maquillage tout en discutant de leur relation avec le théâtre d’été. Pendant ce temps, Jean Leclerc, Jean-Bernard Hébert et Jean- Marc Dalphond se taquinent. «J’aime construire une pièce où on peut s’amuser et j’aime aussi le côté vacances. C’est aussi le fun de sortir de la ville», dit Stéphane Breton. «On diversifie nos activités. Le défi est toujours le même, que je sois ici, au TNM ou à la Scala! Je dois jouer et il y a un public!» lance Antoine Vézina. 20 h 20 - Dix minutes avant de monter sur scène Jean-Bernard Hébert et Jean-Marc Dalphond discutent tout bas d’un dernier détail. Certains gars fument. «On est en confiance», lance Antoine Vézina avant de monter sur scène. De son côté, Marie-France Lambert semble concentrée. «Je n’ai aucun stress, on sait ce qu’on a à faire», dit-elle. Avant de monter sur scène, les comédiens n’ont plus vraiment de tics ou de superstitions. «C’est plus des routines d’ordre pratique », dit Marie-France Lambert. Les comédiens placent en coulisse les accessoires dont ils auront besoin durant la pièce. 8 h 33 - La pièce commence Peu après, Lise Grenier s’installe côté cour pour participer aux changements de costume. Toute la soirée, elle alternera entre le côté cour et le côté jardin pour donner un coup de pouce aux comédiens. «C’est stressant», dit-elle. Les gars doivent s’habiller en filles. Antoine Vézina sort côté jardin et doit revêtir une imposante robe rose. Lise Grenier lui donne un coup de main. Côté cour, Jean-Bernard Hébert fait aller un éventail devant Stéphane Breton. Il fait chaud et humide. Durant toute la soirée, Stéphane Breton boira à grande gorgées sa bouteille d’eau. 9 h 40 - Entracte Les comédiens sortent de la scène en sueur. Certains en profitent pour aller fumer. «On discute un peu de la première partie», indique Antoine Vézina. Rapidement, ils doivent effectuer d’autres changements de costume avant de retourner sur scène pour le dernier sprint. Ça va bien. La salle se laisse emporter par l’histoire. «C’est une belle salle, un bon groupe, le rire crée un effet d’entraînement», dit Valérie Blais. Le succès de l’interprétation de la pièce dépend aussi de la réaction du public «L’un influence l’autre, c’est comme le tango», souligne Marie-France Lambert. « Bonne deuxième partie ! » dit Jean-Bernard Hébert juste avant le début de la deuxième partie. « On continue notre beau travail », lance le régisseur. Peu de temps après le début de la deuxième partie, Marie-France Lambert et Stéphane Breton partagent un numéro de danse. À leur retour en coulisses, Janine Sutto les félicite. «Vous avez bien fait ça ce soir!» dit-elle. Stéphane Breton et Antoine Vézina se changent, encore une fois. «C’est comme être à l’usine, finalement, on fait toujours les mêmes affaires», lance en riant Jean-Marc Dalphond, qui les aide à mettre leur robe. Un peu après 22 h 30 - Fin de la pièce La pièce se termine. La scène ressemble à un champ de bataille. Les comédiens se félicitent de leur performance. «C’était une belle soirée, un beau public», dit Jean-Bernard Hébert. Les comédiens s’empressent de se démaquiller pour commencer leur fin de semaine. Ils mettent le linge dans un grand sac. Lise Grenier le lavera. Une fois propres, ils iront prendre un verre sur leur terrasse improvisée. L’aventure se poursuivra la semaine suivante, puis ils entreprendront une tournée cet hiver… en laissant toutefois l’éventail à Rougemont. Ladies et Gentlemen est présentée au Théâtre de Rougemont du mercredi au samedi à 20h30.
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