LES HÉROS DE MON ENFANCEDu théâtre qui a du punch pour le 400eGeneviève Riel-Roberge 11-07-2008 | 20h48
C'est à un Petit Chaperon rouge devenu femme, un prince charmant quelque peu ambigu, un grand méchant loup trop gourmand et un Petit Poucet travesti qu'ont eu droit parents et... enfants qui y ont assisté. La toile de fond de la pièce? Des personnages de contes pour enfants aussi loufoques que caricaturaux, qui se saisissaient tour à tour du micro, s'époumonant sur la chanson de leur personnage. Que ce soit sur des airs de «I will survive» de Gloria Gaynor, ou encore, d'un tube de Britney Spears, les élèves ont démontré talent et professionnalisme dignes de comédiens d'expérience. La pièce a été adaptée et le personnage d'Alice aux pays des merveilles, créé sur mesure par Tommy Bélanger, professeur de théâtre à la polyvalente Pointe-Lévy. «Les héros de mon enfance» offraient une tout autre vision des traditionnels personnages de Peau d'Âne, la fée Carabosse, le Petit Chaperon rouge, le fameux prince charmant et Cendrillon, entre autres. D'entrée de jeu, le ton était donné : Tommy Bélanger, avant même que ne commence la pièce, avise les parents de la crudité de certains des termes employés. C'est d'ailleurs à une Alice qui s'interroge étrangement que les spectateurs ont eu droit dès le début. «Je viens de quitter le pays des merveilles et je suis quelque peu en réhabilitation», a lancé Julie-Andrée Bourque, une Alice qui épiçait son thé de psychotropes. Garder son sérieux Mais comment conserver son sérieux lorsque le public croule de rire? «Je ne regarde jamais précisément une personne qui rit. J'essaie de ne pas focaliser sur quelqu'un en particulier», explique Samuel Dinel, 15 ans, le prince charmant de la pièce, qui n'avait d'yeux que pour... le loup. Malgré son jeune âge, cela fait six ans qu'il s'adonne au théâtre. La pièce a nécessité pas moins de 150 heures de travail pour les acteurs en herbe. Selon Tommy Bélanger, le théâtre représente plus qu'un simple passe-temps pour certains de ces jeunes. «Sur les huit finissants, quatre ont fait des demandes dans des écoles, dont le cégep de Saint-Hyacinthe. Certains font du théâtre depuis plus de cinq ans». Choix de la pièce Ponctuée de blagues à double sens et d'allusions pour le moins grivoises, cette pièce a apparemment été préférée par les jeunes interprètes à d'autres, plus sérieuses. «Je leur avais aussi soumis La tempête de Shakespeare, mais les jeunes lui ont nettement préféré Les héros de mon enfance, plus facile à comprendre. L'an passé, ils avaient choisi un drame et voulaient faire changement», explique Tommy Bélanger. «On savait que la pièce Les héros de mon enfance existait, certains l'avaient lue et c'est ce qui a suscité notre intérêt», a ajouté Samuel Dinel. C'est la deuxième fois que la pièce est présentée aux abords d'Espace 400e, après l'avoir été deux fois à la polyvalente Pointe-Lévy. Les élèves ont aussi bénéficié des conseils des autres professeurs du volet théâtre pour les chorégraphies et les chants de la pièce.
|