HUMOURGrand Rire ou Juste pour rire?Pascale Lévesque Le Journal de Montréal 22-06-2008 | 10h46
"S'il y a un malaise, nous, on ne le ressent pas du tout. C'est comme la chicane à la radio: même si on sent que les boss se détestent, entre les animateurs, ça va très bien. Sébastien Benoît anime à Rythme, moi à RockDétente, et il n'y a aucune animosité entre nous", plaide Jean-Michel Anctil, qui fait son retour sur scène à l'occasion du festival. À l'instar de ce dernier, les animateurs des galas de ce neuvième Grand Rire de Québec ne croient pas que les humoristes se sentent pris en otage entre ce festival et celui de Juste pour rire. "Dans le monde imaginaire idéal des organisateurs, les artistes feraient exclusivement l'un ou l'autre des festivals. De la même façon que dans mon monde idéal à moi, je serais Brad Pitt et je gagnerais des millions à faire des films. C'est parfait que le monde idéal n'existe pas", renchérit Martin Petit, qui animera le gala spécial 400e le 27 juin. De gros noms à Québec Effet du 400e anniversaire de Québec ou non, le Grand Rire a réussi, à sa neuvième année d'existence, à attirer des gros noms cet été, d'Yvon Deschamps à Daniel Lemire, en passant par Michel Boujenah et Michel Barrette.
Dans les coulisses du milieu artistique, on raconte que les organisateurs du Grand Rire auraient gonflé les cachets pour attirer les artistes. Une pratique dont nos quatre humoristes disent ne pas avoir eu connaissance. "S'ils étaient tombés là-dedans avec moi, ils seraient bien mal tombés", tranche Michel Barrette, qui coanimera avec Michel Boujenah le 28 juin. De la place pour les deux festivals "C'est la première année où je participe vraiment aux deux, Grand Rire et Juste pour rire. Les deux festivals demandent du contenu exclusif, et je les comprends. Ça me demande plus de travail, mais dans la mesure où on respecte cette demande logique, de mon côté, je n'ai jamais senti rien de négatif", dit François Massicotte, qui animera un gala spécial hiver le 26 juin. Encore mieux, Martin Petit croit que les artistes et l'humour en général peuvent vraiment profiter de cette compétition. "Je ne pense pas que personne ait intérêt à ce que ça soit aussi tranché entre les deux organisations. Au contraire, je trouve ça sain que deux festivals se fasse compétition dans le domaine de la création. Parce que règle générale, qui veut compétitionner injecte plus de fonds. Et ce sont les artistes qui finissent par avoir les moyens de leurs ambitions artistiques", fait-il valoir. "Il y a de la place durant l'été pour deux festivals d'humour. D'autant plus que si tu aimes l'humour et que c'est plus pratique pour toi de te déplacer à Québec ou encore à Montréal, c'est tant mieux. C'est le public qui est le plus important dans tout ça", croit Michel Barrette. "C'est toujours bon de challenger, je n'ai aucun problème avec ça. Nous sommes sur TVA, eux sur Radio-Canada, deux réseaux concurrents, c'est normal qu'il y ait une compétition. Il y en a toujours eu une entre Québec et Montréal de toute façon", indique Gilbert Rozon. Bref, même si le chevauchement des dates du Grand Rire et du Festival Juste pour rire a fait grincer les dents à certaines personnes cette année, les artistes, eux, voient la chose comme une autre belle occasion de se faire voir par le public. |