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James Hyndman et Laurent Paquin dans L'Emmerdeur - Premiers de classe
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James Hyndman et Laurent Paquin dans L'Emmerdeur

JAMES HYNDMAN ET LAURENT PAQUIN DANS L'EMMERDEUR

Premiers de classe

Claudia Larochelle
Le Journal de Montréal
22-06-2008 | 12h00
Emmerdant, mais sympathique quand même. Surtout, ne pas trop énerver les spectateurs. Ne pas les faire fuir. Laurent Paquin, qui interprète le rôle-titre de L’Emmerdeur, comédie de Francis Veber, travaille pour trouver le ton juste. Comme James Hyndman en tueur à gages. Les deux perfectionnistes s’échinent passionnément.

Laurent Paquin et James Hyndman font penser à des premiers de classe à qui tout réussit. Ils ont leur charisme respectif, font rire avec intelligence, peuvent émouvoir, savent en somme toucher les cordes sensibles de monsieur et madame Tout-le-monde.

Nul doute que les deux comédiens choisis par le metteur en scène Carl Béchard forment un duo de rêve dans cette production d’envergure présentée dans le cadre du Festival Juste pour rire et attendue avec impatience dans la métropole.

LES GRANDS PIEDS

Les chaussures de l’emmerdeur, qu’enfile Laurent Paquin, ce sont les chaussures de François Pignon, qu’ont portées avant lui Jacques Brel en 1973 dans le film d’Édouard Molinaro basé sur la pièce de Veber, Daniel Auteuil dans Le Placard ou Jacques Villeret dans Le Dîner de cons. De très grandes chaussures.

Quant à Hyndman, qui interprète Ralf Milan, un tueur à gages qui doit exécuter son contrat d’une chambre d’hôtel voisine de celle de Pignon, il se souvient de ce qu’avait fait Lino Ventura du personnage dans le film de Molinaro. Il adore Ventura. Pour les deux comédiens et les autres membres de la distribution, la barre est haute.

«On doit suivre toutes les didascalies de l’auteur. Il a réglé, pensé la pièce comme une horloge suisse. Il y a beaucoup de contraintes techniques et physiques dans l’espace, d’accessoires, de mouvements, de timing, de répliques. Le fait que le spectateur est tenu en haleine dépend de la précision et du rythme des gestes», explique Hyndman.

D’UN MONDE À L’AUTRE

De son côté, même s’il a touché un peu au jeu théâtral, fait de l’impro et incarné des personnages à l’écran, Paquin demeure à la base un artiste de l’humour, un spécialiste du one-man-show, des répliques-choc qui répète devant public, teste ses blagues avant de se présenter en spectacle. Cette fois, le scénario n’est pas le même. «En humour, le théâtre me semble plus abstrait, on n’a pas répété devant un public non plus. Où ça rira? Est-ce que ça rira? Ça demeure un grand mystère jusqu’à la première. On verra bien. La vibe est bonne.»

Duo volcanique

Il y a la planète James Hyndman et l’autre, celle de Laurent Paquin. Les deux acteurs principaux de L’Emmerdeur sont aux antipodes. Touchants à leur façon, intenses dans des registres différents, ils se sont rencontrés pour la première fois sur les planches de cette production « veberienne ». Petite histoire d’un nouveau duo comique.

Le premier est montréalais, célibataire, élancé; le second vit en banlieue avec femme et enfant et est plutôt trapu. Ils ne viennent pas de la même école, ne fréquentent pas la même gang et n’ont certainement pas la même façon d’être comiques. Hyndman est pince-sans-rire, Paquin a un je-ne-sais-quoi de franc et de naïf. L’amalgame est volcanique. On n’y aurait pas songé d’emblée.

«Quand on a annoncé qu’on allait jouer ensemble, tout le monde a aimé que le casting soit différent. Mon personnage est maladroit, j’ai une démarche plus lourdaude que lui, on a le physique qu’on a (rires)… Lui est grand, élancé, il a une gueule, il joue quelqu’un d’imperturbable, de très stoïque. De l’avis de tout le monde, on forme un duo très crédible», confie Paquin.

Son partenaire, qui a déjà donné dans le comique dans Le coeur a ses raisons en Peter Marlboro ou en incarnant un Benoît Dumais déridant sans le savoir dans Rumeurs, s’est beaucoup distingué pour ses rôles dramatiques au théâtre ou au cinéma.

«Même si j’ai fait de la comédie, le registre dans lequel j’ai le plus donné demeure le drame. Comme acteur, je prends le risque d’être avec un humoriste qui est habitué à avoir une complicité directe avec son public, à puncher et à ce que ça fonctionne.»

UN PEU DE SINCÉRITÉ

Avec son personnage de Ralf Milan, un tueur à gages dont la concentration est perturbée par un François Pignon dépressif qui veut mettre fin à ses jours, Hyndman creuse la sincérité. «Je construis en retenue à partir de l’intérieur et je suis obligé, dans les derniers milles, d’extérioriser plus les émotions pour les faire exister pour toute la salle, de les communiquer. C’est vrai aussi pour mon niveau de voix», note l’acteur.

L’interprète de Pignon n’en revient pas. Son partenaire de scène l’épate. «C’est tout un défi de jeu. Il a une précision extrême à respecter et son personnage est dans un état second la plupart du temps. Son rôle n’est pas facile, je suis content de ne pas avoir à le jouer (rires). Je vais tâcher de ne pas trop être emmerdeur avec lui, question de le ménager.»

L’Emmerdeur, de Francis Veber, mise en scène de Carl Béchard. Avec James Hyndman, Laurent Paquin, André Lacoste, Pierre Chagnon, Violette Chauveau et Mathieu Quesnel. Dès le 25 juin au Monument- National. Dès le 7 août au Chapiteau Saint-Sauveur, à Piedmont.

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