EN ROUTE VERS LE 400EL’Histoire en sons et imagesBruno Lapointe Le Journal de Montréal 07-06-2008 | 16h00
Imaginez la scène; dans le Vieux-Port de Québec, une immense projection architecturale de 600 mètres de long, sur une hauteur équivalente à un immeuble de douze étages. Devant vos yeux, 400 ans d’histoire défilent en 40 minutes, durant 40 soirs. Un système de son assure un environnement sonore sans narrateur. L’usage du surround permet aux spectateurs de vivre une expérience unique qui varie selon leur emplacement. À VOIR AUSSI!
DES MILLIERS DE SPECTATEURS À LA FOIS En tout, des milliers de personnes peuvent assister à ce spectacle en simultané. Et puisque l’environnement sonore est recréé grâce aux ondes radio, il ne faut pas nécessairement être sur le site pour en profiter. En effet, même les habitants de Lévis peuvent apercevoir la fresque, de l’autre côté complètement du fleuve. C’est au printemps 2005 que Robert Lepage a verbalisé une idée qui macérait dans sa tête depuis un bon moment déjà. Tout de suite, une équipe réduite de sept personnes s’est mise en branle. Robert Lepage et son équipe créatrice ont donc travaillé sur une réplique de 30 pieds de long par trois pieds de haut, histoire de faciliter leur tâche. Mais ils n’allaient pas être au bout de leurs peines. Ils allaient devoir explorer les limites de la technologie actuelle afin de concocter ce Moulin à images. En tout, 27 projecteurs seront nécessaires pour donner vie à cette création. Une fois cette technologie mise au point, il fallait toutefois s’assurer que le contenu allait suivre la même tangente. Pas question pour l’équipe de Robert Lepage de présenter une coquille vide, impressionnante à l’extérieur, mais vide de sens. «Il fallait que le Moulin à images soit surprenant, mais aussi pertinent. Il nous a fallu trouver un moyen de parler de l’histoire de Québec pour une énième fois, mais sans nous répéter», explique Steve Blanchet. «Et je crois que nous y sommes arrivés», conclut-il avec fierté.
Du sérieux et de la matièreLe 400e anniversaire de la ville de Québec sera bien sûr culturel, mais l’anthropologue Bernard Arcand promet en plus un volet plus instructif avec 85 rencontres allant de conférences à tables rondes. Dix-sept semaines pour autant de thèmes. Pour chacune de ces semaines, cinq rencontres seront organisées. Ces thématiques bien précises permettent aux organisateurs d’assurer une certaine cohérence dans leurs propos et activités. «On voulait amener du sérieux et de la matière, mais on ne voulait pas aller dans toutes les directions. Ça nous permet de conserver une ligne directrice», explique Bernard Arcand, qui a participé à l’élaboration de toutes ces rencontres. Plus de deux années ont été nécessaires pour réunir tout ce beau monde. Lui-même issu du domaine universitaire, Bernard Arcand tenait à trouver des gens à la fois connaissants et passionnants. «Il me fallait trouver des gens capables de s’exprimer devant une foule diversifiée, de fasciner toutes sortes de gens. J’ai connu de grands savants incapables de s’adresser à un grand nombre de gens», souligne-t-il. CONFÉRENCIERS VARIÉS Il a finalement arrêté ses choix sur une brochette de conférenciers bien garnie et accessible, chaque semaine liée à la thématique. À titre d’exemple, une semaine sera consacrée entièrement au plaisir des sens. Pour l’occasion, Marie Laberge assurera le volet traitant de l’écriture, tandis que le chef Jean Soulard se chargera du regard gastronomique qui sera jeté sur la ville de Québec. Puis, une autre semaine, ce sera au tour du mystique d’alimenter les discussions. On y discutera de l’influence de la religion sur la population et on apprendra même à chasser les fantômes d’une maison hantée. Sérieusement. Mais tout ceci ne signifie pas que les conférences organisées dans le cadre du 400e seront assommantes et académiques. «On garde en tête qu’on n’est pas dans une salle de classe universitaire; les gens vont probablement avoir la bouche pleine de nourriture et une bière à la main», lance Bernard Arcand avec humour.
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