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© Photo Reine-May Crescence/Canoë
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Vincent Giguère devant le haut-relief représentant la vierge. Il est historien spécialisé en art sacré et en patrimoine religieux québécois. |
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MAISON HAMEL-BRUNEAU
400 ans de présence religieuse à Québec
Reine-May Crescence
21-05-2008 | 20h48
La Maison Hamel-Bruneau accueille jusqu’au 24 août une exposition thématique exceptionnelle sur 400 ans de présence religieuse dans la ville de Québec. Dans la multitude d’expositions qui circulent actuellement pour souligner l’anniversaire de la fondation de Québec, celle-ci intitulée
Art et Salut 1608-2008: de la conversion des âmes à la sauvegarde d’un patrimoine, mérite une attention particulière.
Outre leur valeur inestimable, une grande partie des pièces qui y sont présentées n’ont jamais été exposées au grand public. Il faut donc profiter de l’occasion pour aller les admirer avant qu’elles ne repartent vers les salles d’archives, oubliées de tous, et de prendre conscience de la nécessité de préserver ce riche patrimoine religieux.
«Et pourtant, ce n’est qu’un échantillon de cette richesse patrimoniale, insiste le commissaire de l’exposition Vincent Giguère. Il y a beaucoup de pièces importantes aujourd’hui qui dorment dans des tiroirs. Il va bien falloir un jour faire quelque chose avec ça pour que les gens se réapproprient leur histoire.»
D'ailleurs, les œuvres ont été judicieusement choisies et bien placées pour raviver la mémoire des gens et surtout, pour montrer davantage l’utilité de ces objets d’art. «Nous avons choisi un ordre de présentation pour, justement, apprécier leur aspect fonctionnel. Pendant longtemps, les expositions avaient évacué l’aspect religieux pour axer sur l’aspect esthétique», précise le commissaire.
Divisée en quatre zones, l’exposition présente d’abord l’Évangélisation, la francisation et l’éducation (1608-1708), puis les soins du corps et de l’âme (1708-1808), la foi et le savoir (1808-1908) et enfin, la foi du peuple et son héritage (1908-2008).
Dès le commencement de la visite, on tombe nez à nez avec la pièce maîtresse de l’exposition: un haut-relief représentant la vierge et datant du tiers du 17e siècle. Il a été sculpté dans les ateliers des Ursulines et provient de l’Église Sainte-Marie-de-Beauce. Une œuvre unique qui montre une vierge imposante débordant du cadre comme pour protéger la ville.
«C’est une pièce majeure qui remet complètement en cause les perspectives de l’art au Québec, estime Vincent Giguère. Cette vierge qui sort du cadre et passe dans l’espace public des fidèles ne s’est jamais vue. Il n’y a pas d’équivalent ailleurs au Québec et en Amérique du Nord et peu d’historiens l’ont étudiée. C’est une œuvre du patrimoine des Jésuites promue à un bel avenir.»
Pièces rares
Dans la partie consacrée à l’éducation, on peut découvrir un portrait de Mgr Turgeon peint par Théophile Hamel, un des plus grands artistes de son temps. Ce portrait qui provient du Musée des Sœurs de la Charité de Québec représente un Mgr Turgeon âgé et fatigué qui était probablement malade. L’artiste a su restituer toutes les expressions du visage et surtout, la profondeur du regard de ce personnage. Juste à côté se dressent un globe céleste et un globe terrestre pour montrer à quels défis étaient confrontés les éducateurs religieux de l’époque au 19e siècle en pleine théorie du Darwinisme.
«Comment aborder le céleste et parler de l’évolution lorsqu’on était un religieux à l’époque? C’était un vrai challenge. Les prêtres devaient faire un choix et sans doute faire face à leur bouleversement intérieur et c’est ce que j’ai voulu montrer ici», précise Vincent Giguère.
La deuxième pièce accueille également une pièce unique qui provient de l’Église anglicane Holy Trinity de Québec. Il s’agit d’un parement luxueux qui orna l’autel de Westminster de Londres, lors du couronnement de Georges III. Une exposition à découvrir d’urgence!
Elle est visible jusqu’au 24 août à la Maison Hamel-Bruneau, 2608 chemin Saint-Louis. Tél. 418-641-6280