SWEET CHARITYActuelle et emballanteBruno Lapointe 18-05-2008 | 10h49
C'est à un véritable retour dans le temps que Denise Filiatrault nous convie par les temps qui courent. Sur la scène de son théâtre, le New York des années 1960 renaît, clinquant et captivant. Charity Hope Valentine, dite Sweet Charity, est entraîneuse dans un ballroom. En d'autres mots, les hommes paient pour danser avec elle. Certaines filles offrent également certains services non inclus... Mais pour Charity, ce job n'est que temporaire. Depuis six ans maintenant. À longueur de journée, elle rencontre des hommes. Beaucoup d'hommes. Elle s'amourache bien vite, mais pour la plupart d'entre eux, elle ne demeure qu'un désennui, une aventure sans conséquence. Charity ne désespère tout de même pas. Elle persiste à se lancer tête première dans des histoires d'amour sans issue. Encore et toujours, elle rêve de trouver son grand amour, convaincue que son prince charmant viendra la trouver tôt ou tard. Une révélation Afin de donner vie à cette Sweet Charity, Denise Filiatrault a fait appel à Marie-Eve Beaulieu, véritable révélation de la pièce. Cette jeune comédienne incar ne à merveille toute l'innocence, le charisme et la naïveté que commande son personnage. Désarmante de simplicité, on ne peut que partager son enthousiasme, sa joie de vivre et le brin de folie qui la caractérise. Elle est entourée d'artistes tous aussi talentueux les uns que les autres, notamment Émily Bégin, Gabriel Sabourin et Paul Cagelet. En tout, ils sont 13 sur scène, un chiffre qui, pour une fois, est porteur de magie. Ils chantent, ils dansent, ils jouent la comédie, semblant toujours aussi à l'aise en passant d'une discipline à l'autre. Décor remarquable La troupe évolue dans un décor remarquable, qui multiplie les possibilités et avenues. Accessoires et scénographie parviennent à créer en un tournemain un environnement bien particulier à chaque scène, transportant les spectateurs du parc au ballroom, en passant par une chambre à coucher et un ascenseur en un clin d'oeil. Certains airs passent toutefois moins bien en français, peut-être parce que le public est tellement habitué de les entendre dans la langue de Shakespeare. Mais tout ceci est bien vite pardonné, à grands coups de paillettes éblouissantes et de chorégraphies rodées au quart de tour. De Broadway à Saint-Denis, Sweet Charity conserve tout son char me, sa grandeur et son attrait. La tradition de la comédie musicale se perpétue au Théâtre du Rideau Vert, toujours sous le même gage de qualité auquel Denise Filiatrault a su nous habituer. Sweet Charity, de Neil Simon, traduite par Yves Morin, mise en scène par Denise Filiatrault. Avec Marie-Eve Beaulieu, Nathalie Gadouas, Émily Bégin, Chantal Dauphinais, Émilie Josset, Marina Matic, Gabriel Sabourin, Pierre Gendron, Paul Cagelet, Steve Hanley, Christian Vézina, Richard Belhumeur et Daniel Delisle. Jusqu'au 14 juin au Théâtre du Rideau Vert, puis en tournée. |