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Dieudonné - J'ai fait l'con lancé à Montréal
© Rogerio Barbosa (Le Journal de Montréal)
Dieudonné choisit le rire pour communiquer avec ses contemporains plutôt que de prendre les armes.

DIEUDONNÉ

J'ai fait l'con lancé à Montréal

Agnès Gaudet
Le Journal de Montréal
17-05-2008 | 14h00
Tant mieux si vous aimez Dieudonné, parce qu’il sera de plus en plus présent au Québec et lancera même son nouveau spectacle, J’ai fait l’con, ici à Montréal.

C’est arrivé tout seul. Dieudonné, qui est venu au Québec cinq fois l’an dernier et déjà trois fois cette année, qui a même pris un appart dans le Vieux-Montréal, a été inspiré par des sujets québécois tels les accommodements raisonnables et les peuples autochtones. Il s’est dit que tant qu’à y être, il pouvait aussi bien venir casser son spectacle au Québec.

«L’oreille du public québécois me paraissait importante dans la construction de ce spectacle», dit-il.

En plus, il fait un personnage nommé Colin Powell, «le singe savant du Pentagone», une caricature d’un membre du gouvernement américain qui, croit-il, est mieux connu ici.

Selon Dieudonné, les Québécois sont «les capteurs de la francophonie en matière de politique américaine, de ce pays unique et colossal que sont les États-Unis».

PYGMÉES, KAMIKAZE ET TÉLÉVISION

Évidemment Dieudonné touche des sujets plus internationaux. Après le Québec, il partira en tournée en France. Dans un numéro hommage au chanteur français Claude Nougaro, il amalgame poésie et tragédie alors qu’un jeune kamikaze palestinien de 22 ans décide de se faire sauter. «Ce n’est pas pour provoquer, déclare l’humoriste qu’on a peine à croire, mais pour comprendre l’humain jusqu’au bout.»

Toujours critique social, Dieudonné fait aussi un numéro parodiant une émission de télévision où vont débattre des enfants de grands criminels, faisant référence à ce père autrichien qui a séquestré sa fille et ses enfants. «J’ai préféré l’angle de la famille, celui du frère, de la mère, du fils, dit-il, et celui du spectacle de l’information, le côté charognard des médias face au drame et à la tragédie qui fascinent les gens, moi compris.»

Croyez-le ou non, Dieudonné joue aussi un chef d’État africain et nous emmène à réfléchir sur le sort du peuple pygmée «qui s’éteint dans l’indifférence totale, un sujet, estime-t-il, qui ne provoquera certainement pas la polémique».

«Avec ces nouveaux personnages que je n’ai jamais interprétés, je me mets à risque, dit-il. Je ne sais pas comment ils seront perçus. Entre le fait d’écrire et de jouer, il y a tout un monde.»

Dieudonné travaille sur un projet de série comique avec Michel Courtemanche à Radio-Canada, Les Douaniers.

Il sera en spectacle au National à Montréal les 25, 26 et 27 juin et à L’Étoile de Brossard les 28 et 29 juin.

«Une France à l’américaine»

Dieudonné accuse le président de la République française, Nicolas Sarkozy, et le premier ministre du Canada, Stephen Harper, de servir les intérêts des Américains.

Selon l’humoriste français, avec Nicolas Sarkozy la France perd une grande particularité.

«La France de Sarkozy est devenue une France à l’américaine, un sousdépartement américain.

D’ailleurs, dans les relations avec le Québec, Sarkozy a aussi montré que la ligne serait plus canadienne que québécoise.

«Comme votre premier ministre, Harper, ces gens-là (Sarkozy) travaillent pour les États- Unis et ont les moyens de se faire élire dans leur pays. Mais ils ne servent absolument pas les intérêts du pays qu’ils représentent. Sarkozy le dit lui-même.

«Je ne serais pas étonné de voir Sarkozy s’installer aux États-Unis dans quelques années, milliardaire, poursuit l’humoriste.

Président de la République française est une étape comme une autre pour devenir riche et avoir ses entrées ailleurs.»

Malgré ses propos, Dieudonné affirme pourtant ne pas détester Nicolas Sarkozy.

«Il est le symbole de cette époque. Un symbole de réussite qui est pour moi le symbole de la médiocrité.»

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