EN SPECTACLE À QUÉBEC DU 14 AU 17 MAIStéphane Rousseau et sa version du bonheurReine-May Crescence 15-05-2008 | 15h25
Il s’agit du même spectacle qu’il a présenté en tournée européenne avec quelques petits réajustements. «La structure est la même ainsi que l’ordre des numéros. Par contre, la musicalité est différente. Il y a aussi quelques petits gags adaptés pour le marché français que je laisse tomber», prévient Stéphane Rousseau qui demande aux spectateurs de demeurer jusqu’à la fin du spectacle afin d’apprécier le spectacle dans sa totalité. «En France, il y a toujours un rappel dans les spectacles d’humour, ce qui est plus rare ici, peut-être parce que les gens ont peur de ne pas pouvoir quitter le stationnement. Il y a toujours une vingtaine de personnes qui partent avant la fin dès qu’on dit merci. C’est dommage parce qu’ils ratent souvent la conclusion du spectacle et la fin vaut le coup d’œil», précise l’humoriste. Mise au point Le séjour de Stéphane Rousseau en Europe n’est pas passé inaperçu. Il a fait beaucoup de promos et les critiques ont été plutôt élogieuses à l’égard de son spectacle. Même si l’humoriste reconnaît que le marché est difficile, il estime avoir fait ses marques. «Ce n’est pas pour me péter les bretelles, mais je suis parti de cafés-théâtres et de petites salles de 100 places à des salles de 5000. C’est un cheminement rapide, constate-t-il. Il faut passer beaucoup de temps là-bas pour prendre sa place parce que le marché est différent, la hiérarchie est différente, la perception est différente. Ce serait la même chose pour un humoriste français qui déciderait de percer au Québec. On ne peut pas tout bousculer du jour au lendemain. Je pense qu’il faut consacrer au moins cinq ans de sa carrière pour commencer à percer. Nous arrivons sur le marché avec notre candeur et notre gentillesse, ce qui n’est pas toujours une qualité là-bas. C’est beaucoup plus difficile pour un humoriste de se faire une place parce qu’il doit s’adapter, contrairement aux chanteurs, par exemple, qui peuvent rester eux-mêmes.» C’est l’humoriste français Frank Dubosc qui a adapté le spectacle de Rousseau pour le public français. Cette percée en France aurait-elle été si significative sans son appui? «Difficile à savoir, répond franchement Stéphane Rousseau. C’est très pratique d’avoir un parrainage de l’autre côté, ça ouvre des portes et le renvoi de l’ascenseur est réciproque. Mais Franck m’a laissé voler de mes propres ailes. Nous ne nous sommes même pas vus une seule fois durant les cinq mois que j’ai passés là-bas. Je me suis aussi fait d’autres amis sur place. J’ai fréquenté les gens de l’industrie du spectacle pour me montrer, parce qu’il le faut. Je n’ai pas chômé.» L’humoriste affirme qu’il a senti un réel intérêt de la part du public français et il compte retourner en France à l’automne pour y présenter un nouveau spectacle. Des projets Par contre, les critiques n’ont pas été élogieuses envers Stéphane Rousseau pour son interprétation dans Astérix aux Jeux olympiques. «C’est loin d’être un bide, comme on veut le faire croire, rectifie Stéphane Rousseau. Il faut faire la part des choses. Le film a fait sept millions d’entrées, c’est majeur. Ce genre d’échec, j’en prendrais toutes les semaines. À la lecture du scénario, connaissant le budget astronomique du film et sachant que je défendais un rôle mince, j’ai su que la critique serait dure. Les critiques ont effectivement été sévères, mais on ne fait pas de film pour les critiques. On espère leur plaire et c’est tout. Il faut relativiser avec ce genre de film, savoir le regarder avec un cœur d’enfant, ce qui n’est pas donné à tout le monde.» Stéphane Rousseau a pris du recul avec le stress parisien et savoure depuis son retour la simplicité de sa tournée au Québec, «avec une petite équipe technique bien plus facile à gérer et avec la présence de ma blonde, Maud Saint-Germain, qui joue ma psy sur scène et dont je ne pourrais plus me passer pour les prochains spectacles». L’humoriste a plein de projets, comme l’écriture d’un scénario et deux ou trois longs-métrages en cours. Il songe aussi à devenir papa, «parce qu’il arrive un moment où il faut arrêter de penser à soi». |