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Abraham Lincoln va au théâtre - Une soirée funeste
© Le Journal de Montréal
Abraham Lincoln va au théâtre

ABRAHAM LINCOLN VA AU THÉÂTRE

Une soirée funeste

Claudia Larochelle
20-04-2008 | 04h00
Abraham Lincoln est mort assassiné au théâtre, un endroit qu’il aimait particulièrement. C’est un acteur qui l’a tué. De tout temps, cette nouvelle fascine les gens de la scène. Larry Tremblay s’est inspiré de cette histoire pour écrire Abraham Lincoln va au théâtre et proposer une réflexion décapante sur l’Amérique.

C’est lors d’une représentation de Our American Cousin présentée au Ford’s Theatre de Washington le 14 avril 1865, un Vendredi saint, qu’Abraham Lincoln, seizième président américain, qui vaquait à sa passion pour le théâtre, est tombé sous les balles de John Wilkes Booth, un acteur américain dans le vent. Bien sûr, cette histoire avait bouleversé la société américaine.

Avec son sens de la tragédie comique, Larry Tremblay a écrit cette pièce dans laquelle, plus d’un siècle après l’événement, Marc Killman, un metteur en scène craint et admiré, engage deux acteurs, Laurel et Hardy, et leur propose de rejouer l’assassinat de Lincoln, de reconstituer le fil des événements de cette fameuse soirée.

MANIE AMÉRICAINE

On les verra donc à l’oeuvre, dans des questionnements sur l’Amérique, la société, ses travers, ce qu’elle a de plus beau et de plus sale. «On regarde de plus près cette manie que l’Amérique a d’hypertrophier les choses, la représentation qu’on se fait des gens de pouvoir, du désir d’être beau et parfait », souligne Benoît Gouin, qui interprète notamment ce personnage de metteur en scène controversé.

«Killman est un homme de théâtre, un être mystérieux qui n’a pas très bonne réputation. Il est autoritaire, dur, mais en même temps, tout le monde veut travailler avec lui», précise l’acteur. Incarner ce type de personnage, ces hommes à la fois forts et vulnérables, séduit Benoît Gouin, qui aime tanguer entre ces deux états d’esprit lorsqu’il joue.

«Je suis un gars d’extrême, j’aime construire là-dedans. Personnellement, je suis quelqu’un de passionné, de fougueux et d’émotif, mais j’ai aussi un esprit cartésien.»

PARCOURS EXEMPLAIRE

Pas étonnant, donc, qu’il soit si en demande ces dernières années. Dans les séries Nos étés, Casino, René Lévesque, dans laquelle il incarne Camille Laurin, les films La Belle Empoisonneuse, La Ligne brisée et au théâtre dans My Fair Lady, il a joué des hommes qui font tourner la tête par leur charisme ou leur forte personnalité.

Bien sûr, on lui parle encore et encore de Michel (Mike) Gauvin de Québec-Montréal, de Ricardo Trogi. Cette fois, au moins, on l’épargnera. Abraham Lincoln va au théâtre, une pièce de Larry Tremblay, mise en scène de Claude Poissant. Avec Patrice Dubois, Maxim Gaudette, Benoît Gouin, Étienne Cousineau, Guillaume Cyr et Sasha Samar.

À Espace GO du 22 avril au 17 mai. Benoît Gouin a été séduit par le personnage du metteur en scène controversé.

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